Tuesday, December 2020

Djamel Kaouane : «Nous ne sommes pas les rédacteurs en chef de la presse algérienne ni des commissaires politiques »

L’État ne se désengagera pas de son soutien à la presse nationale. Le ministre de la communication qui a assuré que la loi sur la publicité ne figurait pas dans le plan d’action du Gouvernement, l’a encore une fois réaffirmé ce lundi.

« Je vais vous dire peut-être une vérité qui n’a pas été assez dite. Il n’y aurait pas de presse en Algérie sans le soutien de l’État. C’est un aspect fondamental. Malgré la crise, malgré les difficultés, l’État ne se désengagera pas de son soutien à la presse algérienne (…) Les pouvoirs publics assumeront leurs responsabilités tant qu’il est vrai que sans ce soutien direct et indirect, aucun média ne pourrait survivre dans un marché très difficile », a en effet rassuré  Djamel Kaouane qui intervenait sur les ondes de la chaîne III de ce matin. Il a rappelé que ce soutien est « multiforme », dans le sens où il est indirect « à travers la publicité institutionnelle,  « en crise», et les sommes consenties à l’impression », et direct pour ce qui concerne le Fonds d’aide, « en cours de constitution », dont les médias vont bénéficier à l’avenir, et à propos duquel il s’est refusé  toute précision. Cependant, pour le ministre, il appartient  à celle-ci de « trouver les ressources pour passer ce cap et survivre ».  « De toute façon, aucun média ne pourrait survivre à un marché très difficile  particulièrement pour ce qui concerne des titres  qui n’ont jamais trouvé de lectorat», a-t-il laissé entendre.  Les médias doivent aussi, aux dires du ministre de la Communication, assumer une part de leurs responsabilités. « Le marché publicitaire est en crise. Les chiffres d’affaires de certains grands annonceurs ont chuté de 60%. La crise est réelle. Une bonne partie des médias doit trouver ses propres ressources pour exister. Un journal ne doit pas avoir pour vocation, pour raison d’être, de capter la publicité institutionnelle », a-t-il dit plus explicite jugeant que c’est « tout le modèle économique de la presse algérienne qui doit être revu ».

Aucune « pression sur les médias »

 « Je le dis en tant que ministre de la Communication, nous n’exerçons aucune pression sur les médias. Nous regardons avec une certaine bienveillance son évolution, y compris lorsqu’il y a des excès. Nous pensons qu’avec plus de professionnalisme la presse assumera son rôle éthique et responsable », a assuré le ministre de la Communication s’agissant de la liberté de la presse. « Nous ne sommes pas les rédacteurs en chef de la presse algérienne ni des commissaires politiques. Notre rôle est très clair. Le président de la République veille scrupuleusement à la liberté d’expression et notre mission est de veiller à ce que le souci du président se traduise dans la réalité », a-t-il soutenu. « La liberté d’expression, dans son sens le plus large, est un élément fondateur de la démocratie », a estimé le ministre assurant  que celle-ci est « loin d’être bridée » et de que de plus, elle est « pleine et entière », parce que « consacrée par la Constitution ». Néanmoins, Djamel Kaouane a appelé les journalistes à « veiller à ce qu’il n’y ait plus d’abus, malheureusement presque quotidiens ». « Vous ne pouvez pas, c’est la loi mais aussi une règle d’éthique fondamentale, toucher à la personne du président de la République comme vous ne pouvez pas toucher à un simple citoyen (…) j’espère que chaque stylo, chaque voix, chaque visage à la télévision prendra en compte cet aspect », espère-il.

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