Wednesday, June 2019

HRW accuse l’Algérie « d’expulser les migrants de manière dégradante »

L’Algérie n’en finit pas avec les rapports accablants, des ONG de défenses des droits de l’Hommes.

Ainsi, après Amnesty Internationale, ayant jugé dans son rapport annuel 2017, que l’Algérie   est un pays « hostile » aux migrants, vient à son tour Human Right Watch (HRW) dénoncer «  l’arrestation de migrants subsahariens dans les rues et sur les chantiers et leur expulsion de manière dégradante  par les autorités algériennes qui  ont privé ces personnes arrêtées de leur droit de contester leur détention et d’éventuelles expulsions ». «Comme lors des précédentes vagues d’octobre 2017 et de décembre 2016, les forces de sécurité ont arrêté les gens dans les rues ou sur les chantiers de construction, où beaucoup travaillent. La plupart, sinon la totalité ont été emmenés dans un établissement de Zeralda, une banlieue de la capitale, où ils ont passé un à trois jours dans des salles bondées, sans matelas et sans nourriture », souligne en effet Human Rights Watch dans son communiqué rendu public ce mardi. « Les forces de sécurité ont ensuite transporté les migrants à 1900 kilomètres au Sud vers un camp à Tamanrasset. Dans les vagues précédentes, ils ont emmené certains des migrants par camion à In Guezzam, une ville près de la frontière, puis à la frontière du Niger », a encore soutenu l’ONG.

L’ONG s’est appuyée dans son rapport sur des témoignages de  personnes arrêtées relatant particulièrement  le cas de trois hommes « détenus » à Tamanrasset qu’elle a pu « contacter par téléphone ». « Ils ont décrit séparément comment la police les a détenus sans leur donner l’occasion de récupérer leurs documents ou leurs économies. Ils ont déclaré que les autorités ne les avaient pas examinés pour connaître leur situation ou leur statut de réfugié, fournir des informations sur leurs droits ou leur permettre de contacter les représentants consulaires de leur pays d’origine », a assuré HRW. « Ces hommes ont  raconté avoir été détenus avec des centaines d’autres personnes à Zeralda, à 30 kilomètres d’Alger, où ils ont été contraints de dormir par terre et n’ont reçu que des biscuits et du pain pendant deux jours. Ils ont déclaré que les détenus comprenaient des Nigériens, des Maliens, des Camerounais et des Ivoiriens, et qu’il y avait des femmes et des enfants parmi les détenus. Les trois ont dit avoir vu des gendarmes battre les autres ou avoir été eux-mêmes battus lors de leur transfert à Tamanrasset », ajoute HRW.

 « L’Algérie est en train de rassembler et d’expulser les migrants de manière dégradante et de les priver du droit de voir leurs cas examinés individuellement », a relevé dans ce contexte, Sarah Leah Whitson, directrice de Human Rights Watch au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.

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