Sunday, September 2020

Les personnes en situation d’handicap, promesses des responsables et rejet de la société

Souvent marginalisée, malgré les efforts consentis par l’État pour une prise en charge effective de cette catégorie sur le plan socioprofessionnel, cette frange vulnérable de la société souffre de problèmes d’accessibilité, d’insertion éducative et professionnelle.

 Notre pays célèbre chaque 14 du mois de mars la Journée nationale de l’handicapé. Une occasion pour chacun de nous d’évoquer les souffrances vécues par nos compatriotes aux besoins spécifiques.  Chaque jour que Dieu fait, participe presque à cette indifférence nationale à l’égard de cette catégorie. Suffirait-il de s’en souvenir en cette date qui ne demeure pas plus que symbolique. Nous célébrons un 14 mars censé être la journée du bonheur d’une partie de la population, pas gâtée par la nature. D’une année à l’autre, les jours passent sans qu’une prise en charge réelle de cette frange de la société ne soit mise en application. À en croire les discours prononcés de part et d’autre, l’État, s’est engagé à assurer le bienêtre de tous les algériens, il considère la protection et la promotion des personnes handicapées comme une priorité de son action dans le domaine de l’intégration sociale, laquelle appelle l’élimination de toutes les formes de discrimination et la prise en charge des besoins spéciaux des individus et des groupes faibles et vulnérables que sont les personnes handicapées.

Du haut de leurs podiums, les responsables en charge du dossier, dans leurs discours en la circonstance, ne manquent pas de tenir des promesses, qui sont en guise de suite, renvoyées aux calendes grecques. En tout cas, les spécialistes sont unanimes les handicapés ne cessent en effet, de réclamer la nécessité d’augmenter le nombre de structures et d’organes de prise en charge, estimant, dans ce sens que la mise en place de structures adéquates reste insuffisante. Chahinez, ingénieure et maman de quatre enfants, se défini, dans un témoignage à la chaîne III de la Radio nationale, comme une «  prisonnière depuis son accident de voiture ». Pour elle, sortir relève de l’exploit, puisque «l’inaccessibilité des sites de travail pose un sérieux problème ».  « En effet, il est aisé de constater que les infrastructures et les transports sont largement inadaptés », a-t-elle déploré.

Dans l’attente d’un…miracle

Les enfants eux aussi ne sont pas en reste. Ceux-ci sont condamnés à l’inactivité faute de pouvoir se déplacer et d’être pris en charge. La ville ou le village leur sont devenus des milieux ennemis où la moindre sortie relève du parcours du combattant. Rien n’est fait pour les intégrer, alors beaucoup d’entre eux ne sortent plus. Même se rendre à l’école, dans la plupart des contrées n’est pas à la portée de tous les parents.

D’un côté l’on mise sur les 100 % de leur scolarisation, d’un autre côté rien n’est fait pour que ces enfants jouissent des mêmes conditions et avantages que les autres enfants. L’application des lois fait défaut qu’ils soient hommes, femmes ou enfants, les personnes en situation d’handicap  handicapés ne manquent aucune occasion de clamer à haute voix, que «le problème n’est pas tant leur handicap, qu’ils ont appris à accepter», mais plutôt l’environnement dans lequel ils mènent leur vie au quotidien. Un environnement qui à leurs dires, «les marginalise». «Car si une personne invalide peut réussir à oublier son handicap, les boutiques, les trottoirs, les administrations vont vite le lui rappeler», indiquent-ils. De ce fait, cette catégorie de personnes ne demande pas la lune. Elle (catégorie de personnes) espère que le décret du 11 décembre 2006 qui prévoit notamment l’aménagement des bâtiments publics, des logements situés au premier niveau des habitations ou encore des voies réservées aux piétons, soit appliqué dans sa totalité car sur le terrain rien de cela n’est effectif», insistent-ils encore. Afin de permettre à cette frange sociale de vivre dans la dignité, il faut que l’État intervienne dans l’urgence pour améliorer ses conditions de vie en l’intégrant dans le monde du travail ainsi que celui de la formation professionnelle et l’aide à subvenir à ses besoins. La société elle aussi est censée d’apprendre à respecter ces handicapés qui dans la plupart des cas se voient refouler par même des proches, amis et voisins. Ceci dit, l’amélioration de la condition humaine et la création d’une société harmonieuse doivent être l’aboutissement d’efforts venant de tous les intervenants de la scène sociale.

La reconnaissance de la dignité des personnes handicapées, c’est avant tout leur reconnaissance comme membres à part entière de la communauté nationale. On y reviendrait certainement le 14 mars de l’année prochaine.

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