Saturday, January 2021

Les médecins résidents rejettent les réquisitions du ministère de la Santé, les internes aussi

Les médecins résidents ne comptent pas se soumettre aux réquisitions instruites par le ministère de la Santé pour assurer la continuité des soins, après qu’ils aient annoncé l’arrêt des gardes à partir de ce dimanche 29 avril. Réquisitionnés pour les gardes, les médecins internes ont aussi refusé de remplacer leurs aînés résidents.

L’article 38 de la loi 90-02 portant sur le service minimum et sur lequel la Direction générale des services de santé et de la réforme hospitalière du MSPRH, s’est appuyé « est uniquement applicables aux seuls travailleurs », estime le Collectif autonome des médecins résidents algériens, dans un communiqué publié ce vendredi. Or, ajoute le Collectif, « nous ne disposons pas de la qualité de fonctionnaires, ni même de celle de travailleurs salariés au sens de la loi 90-14 du 2 juin 1990 ».

Jeudi, le ministère de la Santé a dans une instruction aux DSP, indiqué que « les gestionnaires des établissements publics de santés sont tenus, si besoin est, et ce, conformément aux articles 41 et 42 de la loi précitée, d’avoir recours aux réquisitions des médecins résidents en sciences médicales qui font partie des équipes de garde, aux fins de garantir la continuité des soins et la prise en charge des malades dans le cadre de l’urgence ».

Même ces deux articles, « ne concernent en rien les étudiants que nous sommes », insistent les médecins résidents. De plus, leur statut dans son article 2 limite leur responsabilité en tant que étudiant « en formation post graduée », seulement à « participer » aux soins et « dans un but exclusivement pédagogique ». Des arguments en béton que le département de Mokhtar Hasbellaoui devra briser pour faire avaler ses réquisitions.

De ce fait, les résidents en grève depuis plus de cinq mois, « déclinent » en tant qu’étudiants « toute responsabilité vis-à-vis de tout préjudice ».

Les internes solidaires

Paniqué après l’annonce par les médecins résidents d’arrêter les gardes à partir de dimanche, le ministère de la Santé a ordonné aux DSP de procéder à des réquisitions, y compris les médecins internes, appelés à parer à la défection de leurs ainés.

Ce vendredi 27 avril, le Collectif autonome des internes en médecine algériens (CAIMA), explique que « des mesures de renforcement des équipes de gardes par les internes ont été envisagées ». Chose que les futurs médecins rejettent en bloc. « Nous refusons catégoriquement ces mesures qui vont à l’encontre de nos droits et notre formation », écrit le Caima dans un communiqué.

Plus encore, ces étudiants en médecine menacent de recourir à la grève au cas où les réquisitions sont imposées. « Si ces mesures seront prises, nous serons amenés à recourir à un mouvement de protestation avec arrêt de toute activité hospitalière », ajoute le Caima.

Cette réaction a été saluée par les médecins résidents en grève depuis plus de cinq mois et qui y ont vu un autre signe de « solidarité ».

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