Monday, June 2021

Médecins résidents : Le Camra écrit à Bouteflika, une initiative contestée par une partie de la base

Les médecins résidents ont adressé une lettre ouverte au président de la République, Abdelaziz Bouteflika, sollicitant son « intervention ».

« Votre intervention, M. le président, (est) la seule garantie pour mettre fin à ce scandale qui n’honore guerre l’Algérie », écrit le Collectif autonome des médecins résidents algériens (Camra), dans son courrier rendu public, ca vendredi, 18 mai.

Les résidents parlent d’« une terrible pression, chantage et mesures arbitraires » qui, en plus, de « l’entêtement » de l’administration et de la tutelle qui « cherche à vider nos revendications et les détourner », ont conduit à l’impasse et mené le secteur au « pourrissement et à la paralysie ».

Portes du dialogue « fermées »

Cette lettre ouverte intervient, après six mois de grève durant lesquels « toutes les portes du dialogue sérieux ont été fermées » et en « l’absence d’une véritable volonté de trouver le moindre consensus », dénonce le Camra. Ce dernier accuse le ministère de tutelle « d’ignorance, de mépris, de fuite en avant et de désengagement de la responsabilité ».

Dans la crise des médecins résidents, il y a « une violation sans précédents de la constitution », peut-on lire dans le courrier. « Une défiance de vos instructions en votre qualité de premier garant de la Constitution et magistrat des magistrats », écrit le Camra, regrettant que « le médecins est le seul citoyen algérien tenu, à la fois, par l’obligation du service militaire et du service civil ».

Service civil : un système « incitatif » au lieu de « l’échec »

Ce n’est pas pour autant qu’ils soient contre, insistent-ils, affirmant leur attachement au droit du citoyen aux soins. Seulement, « il a été  prouvé scientifiquement et pratiquement que les textes régissant le service civil n’ont pas atteint les objectifs, voire ont consacré le contraire ». Les résidents suggèrent à cet effet « un système professionnel et social incitatif pour la dignité du médecin», au lieu de « maintenir l’échec ».

Sur le service militaire, ils dénoncent leur « exclusion » du droit à la dispense comme tous les citoyens algériens, car ayant été placés « avec les insoumis ». Les médecins résidents regrettent aussi que les femmes médecins soient interdites de leurs droits les plus élémentaires. « M. le président, le droit à la maternité fait objet de chantage », assène le collectif.

Initiative « décriée » !

La lettre du Camra semble être le dernier recours, au moment où des informations, pourtant démenties, font état de « fissures » au sein du mouvement. Un délégué de service dans une wilaya, s’exprimant sous couvert d’anonymat, affirme que cette démarche ne fait pas consensus. « Il y a, au bureau national, des voix qui ont rejeté l’idée de cette lettre ouverte », précise notre source. De plus, ajoute-t-elle, « la base n’a jamais été consultée et n’a pas donné son accord pour qu’on sollicite l’intervention du Président ».

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