Friday, October 2019

Affaire de la cocaïne : les « petites révélations » de l’avocat de Kamel Chikhi

L’avocat du principal accusé dans l’affaire de la cocaïne saisie au port d’Oran le 29 mai 2018, en l’occurrence Kamel Chikhi dit « le boucher » a rompu le silence en donnant un entretien au quotidien El Watan. Il s’est exprimé sur l’implication de son client dans cette affaire, les zones d’ombre qui l’entoure, mais surtout il émet des doutes sur plusieurs détails de cette scabreuse affaire.

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Les espagnols et les américains

Un des faits troublants que Me Saïd Younsi, avocat de Kamal «  El boucher », met en avant est l’attitude des autorités espagnoles. Interrogé par la journaliste d’El Watan sur le conteneur appartenant à Kamal Chikhi dans lequel la drogue a été dissimulée, l’avocat tente d’innocenter son client en affirmant qu’ « un agent de Kamal Chikhi a été dépêché sur les lieux pour s’enquérir de la voracité des faits. Ce dernier lui a confirmé que le conteneur été le sien mais les scellés ne sont pas les mêmes ». La marchandise venait du port de Valence. Selon Me Younsi, « à Valence, le conteneur en question a été ouvert, sans la présence des personnes concernées, puis refermé », tout en rappelant que « le concerné (Kamal Chikhi) n’était pas au courant de l’ouverture de son conteneur au port de Valence ». « Valence est un port de transit. Les autorités n’ont pas le droit de procéder à l’ouverture des conteneurs sans la présence du représentant de la société de transport maritime, du commandant de bord et du chargé de la sécurité des conteneurs à bord du navire », ajoute-t-il. L’avocat évoque « un double jeu » des autorités portuaires espagnoles puisque, selon lui, le contrôle effectué sur les conteneurs était uniquement visuel. Or que « Dans tous les pays du monde, lorsqu’il y a des doutes sur la présence de drogue, on recourt au scanner ou à la limite aux chiens renifleurs et les résultats sont immédiats », explique-t-il en accusant les espagnols de « commettre une grave erreur » le fait d’avoir ouvert le conteneur sans la présence des concernés.

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L’avocat est revenu également sur la source qui aurait donné l’information aux autorités algériennes. Il affirme que rien dans le dossier ne confirme les propos de l’ambassadeur d’Espagne en Algérie qui a déclaré que son pays est à l’origine de cette information. Il s’interroge également sur les déclarations de l’ambassadeur américain qui auparavant déclaré que «  son pays suit de prêt cette affaire ». Pour Me Younis, il se peut qu’ « il s’agit d’une marchandise d’un cartel qui a échappé aux services de la lutte contre la drogue au USA.

Comparution du général Hamel

Sur le même registre, l’avocat confirme que sur le volet judiciaire de l’affaire de la cocaïne rien n’a été fait sauf l’envoi des commissions rogatoires. Par ailleurs, il a rappelé l’introduction par ma défense d’ « une demande d’audition du général Hamel » qui a, selon lui, fait des déclarations importantes pouvant contribuer à l’enquête et la compréhension de l’affaire. La demande a été introduite il y a deux semaine et aucune réponse n’a été délivré jusqu’à maintenant, rappelle l’avocat.

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«  Nous sommes convaincus que l’ex-patron de la police détient une part de vérité qui pourrait aider la justice à élucider cette affaire », a-t-il répondu sur une question relative à la comparution du général Hamel dans cette affaire.

« Des faits troublants »

L’avocat de l’accusé évoque « des faits troublants » notamment dans « le filtrage des images enregistrées par les caméras de surveillance installées dans le bureau de Kamel Chikhi pour épargner certains hauts responsables ». Sur ce sujet, Me Younsi évite d’être affirmatif mais il ne dément pas et parle « de faits troublants qui suscitent des interrogations ». À  ce titre, il donne l’exemple d’un conservateur filmé dans le bureau de Chikhi avec un juge, président d’un tribunal administratif.  L’avocat fait remarquer que « Le conservateur est en prison, le magistrat n’a jamais été inquiété. Je ne dis pas que ce dernier est impliqué. Mais je me pose des questions ». Plus grave encore, a-t-il ajouté, « il y a aussi cette visite à Kamel Chikhi d’un responsable au ministère de la Justice ». Et de s’interroger : « Pour quelle raison ce responsable se déplace-t-il en prison pour discuter avec Kamel Chikhi ? »

L’avocat de Kamel Chikhi ne donne pas beaucoup d’éléments pour comprendre cette grave affaire et les connexions de son client. En revanche, il tente d’innocenter « El Boucher » sans aborder « l’implication de haut responsable de l’Etat ». Le juge qu’il donne comme exemple, soit disant épargné par la justice, ne peut représenter un des soutien déterminant à « El Boucher ». Visiblement cette affaire n’est pas prête à livrer tous ses secrets ….  les petites révélations de l’avocat font partie ni plus ni moins de la stratégie de défense de son client .

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