Saturday, July 2021

Affaire Khaled Drareni : La défense réplique à Tebboune

La défense du journaliste Khaled Drareni incarcéré pour avoir couvert les manifestations du Hirak a réagi ce mercredi à ce qu’elle qualifie d’« informations erronées concernant le dossier de notre client ».

Les avocats de la défense ont précisé dans un communiqué parvenu à notre rédaction que Khaled Drareni « n’a pas été poursuivi par le parquet du tribunal de Sidi M’Hamed pour intelligence ou pour une accusation semblable à celle-ci». Et d’ajouter : « même les faits pour lesquels il est poursuivi n’ont rien avoir avec cela ». Cette déclaration des avocats intervient après la sortie médiatique du président de la République vendredi dans la soirée. En réponse à une question concernant les journalistes en prison, Abdelmadjid Tebboune a laissé entendre que ces journalistes « travaillent pour des intérêts étrangers ».

Le communiqué pointe du doigt également le récent reportage de l’ENTV concernant les affaires des journalistes en prison faisant intervenir des procureurs sans pour autant donner la parole à la défense. La défense déplore « les sorties médiatique récurrentes des membres de l’exécutif » concernant le dossier des journalistes en détention et en particulier celui de Khaled Drareni. « D’abord, il y a eu la sortie des magistrats du parquet général sur les journalistes sans que la défense n’ait un droit de réponse. Il y a eu ensuite la sortie du ministre de la Communication, Amar Belhimer, qui a qualifié les journalistes en détenus de professionnels de la subversion menaçant l’intérêt national. Hier vendredi, c’est le premier responsable du pouvoir exécutif et président du Conseil de la magistrature, Monsieur Abdelmadjid Tebboune, qui a fait une sortie médiatique basée sur des informations erronées en ce qui concerne le dossier de notre client », dénoncent les avocats de la défense.

Le communiqué rappelle que « ces déclarations et ces récurrentes sorties médiatiques constituent une véritable atteinte aux principes garanties par la constitution dont la présomption d’innocence et la séparation des pouvoirs. Pour les avocats de Khaled Drareni, « elles constituent également une pression sur les juges et touche au secret de l’instruction ».

Ils estiment que « les déclarations de ces responsables occupant des hautes fonctions au sein de l’Etat et qui ont la qualité de ministre et de président de la république sur des dossiers traités par les magistrats » constituent « une intervention directe dans le travail des juges qu’interdit l’article 147 du code pénal « .

Pour rappel, le journaliste Khaled Drareni a été arrêté en plein exercice de son travail et poursuivi en justice pour « incitation à attroupement non armé ». Khaled Drareni couvrait une manifestation pacifique du hirak au moment des faits.

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