Friday, December 2020

Deux avocates des détenus politiques sahraouis violemment expulsées du Maroc  

En novembre 2010, dans les heures et les jours qui suivent le violent démantèlement du camp de protestation sahraoui de Gdeim Izik près de la capitale sahraouie occupée El Ayoune, 24 militants sahraouis sont arrêtés et emprisonnés, accusés d’avoir « tué onze membres des forces de l’ordre ».

Les militants sahraouis n’ont été seulement, torturés, mais ils se voient aussi interdire une défense. En effet, les deux avocates des prisonniers politiques de Gdeim Izik, ont été empêchées de débarquer à leur arrivée à l’aéroport Casablanca (Maroc) et placées en rétention pour être expulsées hier mardi.  Me Metton et Ouled ont été interpellées  à leur descente de l’avion à Casablanca à 20h40, leurs passeports confisqués, et elles ont été retenues «sans motif et sans aucune notification jusqu’au lendemain 14h00 avant d’être expulsées du territoire». Elles été placées «sous escorte policière» au sein de la zone internationale de l’aéroport de Casablanca et «laissées sans information, pendant plus de 18 heures». Une procédure jugée « inadmissible et inacceptable », par les deux avocates.

«Nous, Ingrid Metton et Olfa Ouled, avocates au barreau de Paris, exprimons notre plus grande indignation face à la nouvelle atteinte portée à notre profession et face à l’entrave à l’exercice des droits de la défense», ont-elles déclaré dans un communiqué cité par l’APS, soulignant que toutes leurs plaintes déposées en France «ont, à ce jour, été classées sans suite». «Cette détention arbitraire n’a pas pu être contestée par nos confrères marocains, en l’absence de toute décision écrite. Nous ne recevrons aucune visite des autorités compétentes, notamment consulaire», ont-elles ajouté, rappelant que c’est pour la troisième fois dans ce dossier, les autorités marocaines les «ont empêchés d’exercer le cœur de (leur) métier : la défense».

Les deux avocates françaises, rappelle-t-on, se sont déplacées lundi au Maroc pour rendre visite à leurs clients dans le cadre de leur pourvoi en cassation, suite à leur condamnation par la Cour d’appel de Rabat le 19 juillet 2017.  Dix-neuf militants sahraouis ont été lourdement condamnés, au terme de ce procès où les seules preuves présentées restent des aveux signés sous la contrainte.

Les prisonniers politiques sahraouis ont été dispersés dans 7 prisons à travers le territoire marocain. En mai 2017 déjà, les deux avocates avaient été violemment expulsées par les forces de l’ordre de la salle d’audience de la Cour d’appel de Rabat en plein exercice de leurs fonctions, alors qu’elles étaient avocates constituées pour la défense, et Me Ouled avait été blessée lors de cette agression.

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