Tuesday, January 2021

Faute de donneurs et d’archaïsme religieux, la vie de 22.500 insuffisants rénaux suspendue à « un problème de société »

La résolution du problème de transplantation  rénale auquel sont confrontés présentement les insuffisants rénaux chroniques  (Irc) passe par «l’élargissement du cercle des donneurs, limité actuellement  à la seule famille du malade» d’autant qu’une hémodialyse coûte, en Algérie, «5 fois plus cher qu’une transplantation rénale», soutiennent les spécialistes.

En effet, les familles des défunts sont très réticentes à donner leur accord pour de telles opérations. Et il faudrait environ 60 années pour éponger la liste des malades en attente d’une transplantation rénale, laquelle a tendance à s’allonger en raison de la faiblesse du nombre de donneurs vivant mais également des difficultés à faire accepter par les familles tout prélèvement d’organes sur des proches décédées. Le mal des insuffisants rénaux ne fait qu’accentuer.

Intervenant  ce lundi matin, sur les ondes de la chaîne III de la Radio nationale, le professeur Tahar Rayan chef du service de néphrologie de l’hôpital Naffissa Hamoud, (ex Parnet) à Alger, explique que la liste des personnes en attente d’un rein est « difficile à diminuer par les 235 à 250 greffes de reins effectuées annuellement, alors qu’à fin 2017, il existait déjà environ 22.500 insuffisants rénaux chroniques ». Une situation due en premier lieu, à la faiblesse du nombre de donneurs vivants, à laquelle s’ajoutent les difficultés à procéder à des prélèvements d’organes sur des personnes décédées, en raison du net refus de leurs familiers.  C’est dire que la société devrait  faire prévaloir «la raison et la religion sur le sentiment» concernant le don d’organes et leur prélèvement sur des cadavres au profit des personnes qui en ont besoin. « Nous allons multiplier nos prêches et nous allons faire en sorte d’humaniser la chose soulignant son côté religieux, et en se basant sur un verset coranique dans lequel le Tout Puissant interpelle les Humains quant à l’importance de sauver une vie », affirmait dernièrement le ministre des Affaires Religieuses et des Wakfs, Mohamed Aissa.

Pourtant, le même département avait émis en 2003 une fetwa autorisant la greffe d’organes à partir d’une personne décédée. «Le prélèvement d’organes tels que l’œil, le rein, l’épiderme ou le cœur d’une personne qui vient de décéder pour les transplanter dans le corps d’une personne vivante pour la sauver est autorisé», selon une fetwa émise par l’ancien président du Haut conseil islamique (HCI). Pour dire toute la complexité à entreprendre la lutte contre les maladies rénales, chef du service de néphrologie de l’hôpital Naffissa Hamoud, (ex Parnet), rappelle qu’en plus des 22.500 patients subissant des séances d’hémodialyse, il en existe 25.000 autres qui sont traités pour une affection rénale terminale.

Face à un tel constat, le professeur Rayane estime urgent de mettre en place un programme de prévention contre les maladies du rein « ce qui, a jusqu’alors été oublié par les autorités »

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