Tuesday, January 2021

Infirmière tombée d’un ascenseur de l’hôpital Mustapha, la version « très contestable » du directeur du CHU

Une infirmière est tombée d’un ascenseur à l’Hôpital Mustapha Bacha le 4 septembre dernier et se trouve dans une situation très critique. Son mari a posté une vidéo sur les réseaux sociaux accusant la direction de CHU de négligence enclenchant une vague d’indignation des internautes. Les accusations du mari n’ont pas passé inaperçu. Jeudi le 6 septembre , le directeur général de l’hôpital, Abdeslam Bennana, intervenait sur la El Bilad TV pour expliquer que l’ascenseur marchait bien et insinuait que la faute est « aux gens qui ont modifié le fonctionnement ordinaire de l’ascenseur en installant un câble pour l’ouvrir ».

Bricolage    

Mais le directeur de l’hôpital n’explique pas pourquoi « des agents avait bricolé un système pour ouvrir les portes de l’ascenseur », selon la version de l’ENASC (Entreprise nationale d’ascenseurs). Dans son entretien avec cette chaîne de télévision, il insistait sur les constatations de l’ENASC (Entreprise nationale d’ascenseurs) en brandissant un document (le texte du document est en bas de cet article) qui atteste que « les premières constatations ont révélé que des agents relevant de la maternité, donc n’ayant aucune connaissance dans le fonctionnement de l’ascenseur, avaient bricolé un système pour ouvrir les portes de l’ascenseur ». Contacté par DMA, plusieurs sources de l’intérieur de l’hôpital Mustapha Bacha contestaient les affirmations du directeur. « L’ascenseur était en panne et la carte magnétique dont il parle ne marchait pas aussi, ce qui a amené les fonctionnaires à bricoler une solution d’urgence », nous déclare une source de l’intérieur de l’hôpital. Visiblement, la direction de l’hôpital était au courant de cette solution de bricolage dangereuse. « Il est impossible que la direction de l’hôpital ne soit pas au courant. Il y a des surveillants médicaux, des surveillants paramédicaux et le chef de service de gynécologie qui adressent des rapports régulièrement à la direction sur la situation du service», nous confie les mêmes sources. La question qui se pose, si l’ascenseur marchait bien, comme l’affirme le directeur, pourquoi les agents ont eu recours à ce bricolage ? Et si ce bricolage « dangereux) a eu lieu sans que l’administration le sache, n’est-il pas un signe de laisser-aller et de négligence encore plus grave ? Que voulait donc le DG du CHU de Mustapha par cette intervention médiatique ?

L’ENASC et le directeur du CHU de Mustapha fuient leur responsabilité

C’est en ne peut plus clair, un refus d’assumer cette faute grave dans la gestion du premier établissement hospitalier du pays. Sinon comment expliquer les déclarations du directeur de l’hôpital en s’appuyant sur un document de l’ENSAC (Entreprise nationale d’ascenseurs) qui a d’ailleurs un bureau à l’intérieur de l’établissement. Ce document atteste que des modifications de la part des agents du service gynécologie ont on eu lieu « à l’insu de l’entreprise ne charge de l’entretien de l’ascenseur ». Le document daté de mardi 4 septembre, soit le jour même de l’accident, n’explique en aucun cas que l’ascenseur marchait avant l’accident. Même l’image diffusée jeudi par El Bilad TV ne montre pas qu’elle marche. «  Le directeur ment. Le bricolage fait sur l’ascenseur a été effectué puisqu’elle ne marchait pas», ajoute notre source qui accuse le directeur de l’hôpital et l’ENSAC de « vouloir manipuler l’opinion publique et s’en laver les mains ». « Même le document de l’ENSAC vise à blanchir le DG de l’hôpital et la direction de l’entreprise en charge de l’entretien de l’ascenseur », assènent des sources de l’intérieur de l’hôpital.

Insinuations   

« Les insinuations du directeur de l’hôpital sont scandaleuses. Il essaye de s’en laver les mains et accuse indirectement le personnel médical y compris la victime d’utiliser l’ascenseur d’une manière frauduleuse », se révoltent nos sources.

Dans la vidéo, le premier responsable du CHU explique que l’ascenseur est exclusivement dédié aux patients. Une façon d’accuser indirectement le personnel médical de l’utiliser pour d’autres fins que celles pour lesquelles est dédié. Selon nos informations, au moment de l’accident l’infirmière transportait un patient.

Pourquoi le directeur de l’hôpital a omis de citer que la victime transportait un patient  au moment ou il expliquait que l’ascenseur est réservé aux malades?

Les responsables du secteur en Algérie à commencer par le ministre se la santé, continuent de gérer des situations de crise d’une manière chaotique, ce qui témoigne d’une situation catastrophique d’un des secteurs les plus sensibles et les plus sollicité par les algériens. Résultats des courses: l’infirmière est dans un état critique dans le coma, et même si elle va guérir ça ne sera pas sans séquelles durable.

Document de l’ENASC sur l’incident de l’ascenseur

Entreprise Nationale d’Ascenseurs  (ENASC)

Alger le, 04 septembre 2018

A Monsieur le directeur général du CHU Mustapha Pacha

Nous venons d’apprendre qu’un incident grave a eu lieu sur l’ascenseur de la maternité du CHU, incident qui a causé la chute d’une personne.

Nos équipes et responsables se sont rendus immédiatement sur les lieux et les premières constatations ont révélé que des agents relevant de la maternité, donc n’ayant aucune connaissance dans le fonctionnement de l’ascenseur, avaient « bricolé » un système pour ouvrir les portes de l’ascenseur.

Les agents de la maternité ont attaché le système de déverrouillage de la porte avec une bande de gaze qu’ils ont fixée avec du sparadrap et quand ils tiraient sur la cordelette la porte se déverrouillait et se s’ouvrait avec tous les risques du chute. Ce système (voir la photo ci-jointe) extrêmement dangereux pour les usagers a été fait à l’insu de nos équipes.

Nous vous informons que nous continuons nos investigations pour déterminer les responsabilités.

Dans l’attente veillez agréer, Monsieur le Directeur Général, l’expression de notre parfaite considération.

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