Wednesday, December 2018

La crise des migrants cache une guerre économique entre la France et l’Italie

Les affaires italiennes et françaises sont derrière la guerre aux migrants, a estimé le professeur de sociologie à l’université de Gênes (Italie), Salvatore Palidda, soulignant que les véritables enjeux sont entre autres le pétrole en Libye et au Niger, l’uranium au Niger et le gaz de Fezzan.

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« ( ) les vrais enjeux derrière la guerre aux migrants sont le pétrole en Libye et au Niger, les chantiers de Saint-Nazaire et encore plus importants l’uranium au Niger, le gaz de Fezzan, le cobalt, le manganèse, le lithium et les terres rares précieuses dans le Sahel », a expliqué cet universitaire spécialistes des questions migratoires dans son blog, soulignant que depuis la guerre contre l’ancien dirigeant libyen Khadafi, l’Italie accuse la France de vouloir dominer la Libye.

Il a indiqué qu’en Libye, la compétition entre Total et l’Eni « dure depuis longtemps », précisant que quand l’homme politique italien Carlo Minniti, celui qui était au poste de Matteo Salvini, « avait donné 10 millions de dollars à la bande libyenne en échange de ses prestations de gendarme criminel contre les migrants ».

Il soutient que c’était le prix à payer pour « éviter les attaques de cette bande et d’autres contre les installations de l’Eni et le vol de pétrole ».

Eni, Total, Pétrole, Uranium et métaux précieux

Selon le quotidien il Messaggero, l’Eni estime réaliser une production journalière d’environ 320 mille barils de pétrole en 2018, alors qu’en 2017, la production du French Total était de 31 500 barils par jour, « bien qu’en mars, Total a acheté Marathon Oil Libye, qui détient à son tour 16,33% des concessions de Waha soit 450 millions de dollars, la production des Français ne dépassera pas 100.000 barils », a expliqué le professeur d’université dans sa tribune publiée par Médiapart.

Pour lui, le président Emmanuel Macron « apparait en retard par rapport aux intentions de l’Eni », citant d’autres projets italiens en Libye comme celui de l’autoroute que Berlusconi avait promis à Khadafi comme payement de la dette du colonialisme, un milliard d’euros pour les chantiers des italiennes Salini et Impregilo (financement récemment confirmé) et aussi l’affaire du gazoduc Green Stream.

Il indique que tous s ces projets sont des « terrains de dispute » italo-français, évoquant dans son analyse même au Sahel, où la France est présente militairement depuis 2013 (en Mali, Mauritanie, Niger, Burkina Faso et Tchad).

Il rappelle que le gouvernement italien avait parlé d’ »énormes » possibilités pour son économie, mais la France vise en particulier, selon lui, les gisements d’uranium au Niger (en particulier la mine d’Arlit) d’où Areva semble puiser 30 % de l’uranium utilisé dans les centrales nucléaires français.

Il estime que ces affaires sont « doublées d’un crime contre l’humanité » car, explique-t-il, « elles ne font qu’alimenter les activités extractives de minéraux toxiques qui sont la cause de la plupart des désastres sanitaires et environnementaux ».

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