La reprise des gardes d’urgences rejetée par les médecins résidents, le Camra au bord de l’implosion

La reprise des gardes d’urgences par les médecins résidents n’aura pas lieu ce mercredi 13 juin. Du moins pour la majorité des grévistes. Au sein du Collectif autonome des médecins résidents algériens (Camra), c’est la désobéissance.

De sources fiables du mouvement, l’on apprend que le communiqué diffusé hier mardi, annonçant la reprise des gardes d’urgences « ne fait pas l’unanimité, voire rejeté ». « Le bureau national a décidé seul sans se référer à la base. Les médecins résidents sont en colère contre les délégués nationaux », précisent nos sources qui nous renvoient aux commentaires des résidents sur leurs groupes sur les réseaux sociaux.

Le communiqué en question « devait en effet être revu et soumis à la base avant diffusion », affirme un membre du bureau national du Camra. Hélas, le document a été fuité contre la volonté de tous les membres dont certains ont voté contre la décision de reprise des gardes.

Les dessous d’une fuite organisée

Nos sources pointent du doigt « une déléguée nationale de la wilaya d’Alger ». Laquelle « a tout fait pour que l’information soit parvenue aux médias » et pire que ça, « aller jusqu’à annoncer lors d’une assemblée générale qu’elle tenait avec les résidents de première année que le BN a reçu un mail du ministère de la Santé l’invitant à une réunion pour jeudi ». Faux ! Des délégués d’autres wilayas ont immédiatement averti leurs résidents qu’il n’en était rien.

Panique !

Conséquence : Panique générale et alerte au sein de la base, surtout que le ministère de la Santé est allé, à travers un media, « démentir » la programmation d’une réunion, conditionnant celle-ci par « une reprise de travail ». Echec et mat pour les résidents ! La balle était sortie. En fin de journée, le communiqué est vite retiré de la page du groupe officiel Camra sur facebook. Et c’est à partir de là que commence la désobéissance.

Alger et Oran : Des délégués désavoués

Les uns après les autres, des délégués de services annoncent qu’« il n’y aura pas de reprise ce mercredi » à leur niveau. A Alger, le service Chirurgie infantile de Birtraria, ceux d’Orthopédie et de Réanimation du CHU Mustapha Pacha ainsi que la Clinique des brûlés, ont tranché pour la poursuite de l’arrêt des gardes. Tout comme à Oran où le service Néphrologie a décidé de « ne pas reprendre » et même de « boycotter la session de rattrapage du DEMS ».

Retour aux AG

A Tizi Ouzou, on a choisi de redonner la parole à la base puisqu’une assemblée générale est prévue pour ce matin au CHU Nedir Mohamed. « Pas de reprise des gardes à notre niveau jusqu’à décision de l’assemblée », est-il indiqué dans l’appel à l’AG. Idem pour Tlemcen où l’on parle de « rumeurs de reprise », expliquant que tout  a toujours été décidé lors d’AG et c’est pourquoi une assemblée sera organisé ce matin à 10h. Quand au comité de Constantine, il a à l’issue d’une réunion d’ores et déjà tranché pour « le maintien de l’arrêt de l’activité de garde jusqu’à nouvel ordre », lit-on dans son communiqué.

A ces décisions collectives, s’ajoutent les commentaires des résidents sur Facebook qui ne laisse aucun doute sur cette fissure inattendu dans les rangs d’un mouvement  qui donnait l’impression d’être très organisé. Les captures d’écran ci-dessus dévoilent l’ampleur de la colère de la base.

Ça passe ou ça casse !

C’est dire qu’après 7 mois de grève, le mouvement des médecins résidents risque sérieusement pour la première fois, une implosion, causée par une démarche, semble-t-il aventureuse, voulant surpasser la volonté de la base, jusque-là souveraine dans ses décisions.

Reste à savoir si les résidents en sortiront indemnes de cette « crise » ? Outre les AG qui seront organisées, il est fort probable qu’« un autre communiqué annonçant un retour sur la décision de la reprise des gardes soit diffusé », soutient un membre du bureau national.

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