Tuesday, November 2020

Le blogueur Merzoug Touati risque la peine de mort, Amnesty appelle à sa libération  

Merzoug Touati est un blogueur qui se trouve dans la prison d’El Khemis, à Bejaïa, depuis le 22 janvier 2017. Arrêté 4 jours avant, soit le 18 janvier,  il est inculpé, entre autres, d’« incitation à prendre les armes contre l’autorité de l’État », « incitation à un attroupement non armé », « intelligence avec une puissance étrangère dans le but de nuire aux relations diplomatiques » et « incitation à des rassemblements et des sit-in dans des lieux publics ». Son procès se tiendra demain, jeudi, 24 mai.

Ce mercredi, Amnesty international s’inquiète du fait que le blogueur « encourt la peine de mort » pour des accusations « d’espionnage forgées de toutes pièces sur la base de publications en ligne », dénonce l’ONG.

« Un prisonnier d’opinion »

Rappelant que Merzoug Touati « est inculpé de charges liées à un message publié sur Facebook et à une vidéo publiée sur YouTube », AI dit avoir examiné les pièces judiciaires qui répertorient à titre de « preuves » les commentaires publiés par le blogueur avant que son compte Facebook et son site Internet ne soient supprimés. Conclusion : « Elles ne contenaient ni incitation à la violence ni appel à la haine », tranche l’ONG. Pour elle, ces publications « entraient dans le cadre de la liberté d’expression en lien avec son travail de journaliste citoyen ». De ce fait, AI « considère Merzoug Touati comme un prisonnier d’opinion, détenu uniquement pour avoir exprimé ses opinions pacifiques ».

« Chaque jour que Merzoug Touati passe en prison est un jour de trop et entache un peu plus le bilan de l’Algérie en termes de droits humains », a déclaré Heba Morayef, directrice régionale pour l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient à Amnesty International.

L’ONG exige des autorités algériennes de « libérer immédiatement ce prisonnier d’opinion, dans l’attente de son procès pour ses publications en ligne. »

Selon son avocat, Maitre Salah Dabouz, « la détention du blogueur a été prolongée à deux reprises pour une durée de quatre mois, la deuxième prolongation ayant expiré le 22 janvier 2018. Cependant, le juge d’instruction n’a pas ordonné de renouvellement depuis lors. »

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