Tuesday, October 2020

Le Congrès de la Soummam a « balisé le chemin » du recouvrement de la souveraineté nationale

Le Congrès de la Soummam a « balisé le chemin » menant à la restauration de la souveraineté nationale, affirme l’historien Mohammed Ould Si Kaddour El-Korso, soulignant la dimension « unificatrice » défendue par les organisateurs de cette rencontre historique.

« Le Congrès de la Soummam, pierre angulaire de l’édifice de l’Algérie combattante, a balisé le chemin menant à la restauration de la souveraineté nationale et indiqué la marche à suivre pour une Algérie future », déclare à l’APS El-Korso, la veille de la commémoration du 64éme anniversaire de cet événement, tenu le 20 août 1956.

A ce propos, l’historien estime que l’une des victoires majeures de ce congrès consistait en « l’intelligence stratégique du Front de Libération nationale (FLN) qui s’est imposé comme front de combat puis comme seul interlocuteur valable malgré les résistances, les diversions et les manœuvres internes et externes ».

Il a affirmé, à ce propos, que l’enjeu pour le tandem Abane Ramdane-Larbi Ben M’Hidi était: avoir « une seule Révolution et une seule voix (….) ».

Et d’ajouter que la victoire du Congrès a été « de facto » celle de Abane dont « le leitmotiv a été l’unité dans le combat, laquelle passait par l’élargissement et l’ouverture de la base militante et combattante du FLN à toutes les forces nationales anticolonialistes.

Les communautés chrétiennes et juives étaient, elles aussi, sollicitées pour apporter leurs concours à la lutte libératrice.

Outre l’aspect unificateur, l’historien cite d’autres paramètres nécessaires, selon lui, pour « une bonne et saine compréhension de l’esprit du Congrès de la Soummam et de l’après Soummam ».Il a affirmé, à ce sujet, que le déclenchement de la Révolution a été « un formidable coup de génie de la part de ses concepteurs ». « Les combats que le peuple algérien a livrés contre le colonialisme sont de véritables cours de stratégie militaire », a-t-il encore estimé.

Le tout, poursuit-il, nécessitant, néanmoins, « une mise en œuvre conséquente, rationnelle et objective des ambitions à la mesure des défis et des dangers ».

« La Proclamation du 1er Novembre 1954, véritable déclaration de guerre au nom du peuple algérien contre la France coloniale, ne pouvait, à elle seule, servir ni de feuille de route ni de charte pour la Révolution annoncée. Les historiens sont unanimes pour dire que, pendant plusieurs mois, aucune direction sûre et reconnue par tous les chefs de zones, capable de les réunir pour faire le point n’a émergé », explique-t-il encore.

M.El-Korso a souligné, par ailleurs, que « Abane va porter un regard critique, neuf, lucide sur les conditions du déclenchement de la Révolution ».

Enumérant les qualités de l’un des principaux architectes de la Soummam, il a souligné que « Abane était Incisif, tranchant, d’un caractère irréductible » et qu’il s’était opposé à « l’individualisme, à l’esprit clanique et au leadership naissant de certains responsables politiques ou militaires, de l’intérieur comme de l’extérieur ».

Il a rappelé, dans ce cadre, les propos tenus par Abane à Ferhat Abbas lorsqu’il lui avait dit: « le FLN n’appartient à personne, mais au peuple qui se bat. L’équipe qui a déclenché la Révolution n’a acquis sur celui-ci aucun droit de propriété. Si la Révolution n’est pas l’œuvre de tous, elle avortera inévitablement ».

Abordant la notion de « nation », mise en exergue autant dans la Plate-forme de la Soummam que dans la Déclaration du 1er Novembre, l’historien précise qu’elle « ne date pas de 1954 », au même titre que la dimension maghrébine, les deux ayant été « défendues » par le FLN puis le Gouvernement Provisoire de la République Algérienne (GPRA).

M.El-Korso a rappelé, enfin, qu »‘un impératif s’impose, et nous ne cesserons jamais de le répéter, il n’y a pas d’histoire sans sources, sans archives surtout ».

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