Monday, August 2020

Les crânes de résistants algériens à la colonisation française retrouvent la terre natale

Les crânes des résistants algériens à l’invasion et la colonisation française, conservés depuis plus d’un siècle et demi au Musée d’histoire naturelle de Paris, ont retrouvé la terre natale lors d’une cérémonie officielle et solennelle présidée par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune.

L’avion militaire C-130 transportant les restes mortuaires des 24 résistants algériens à la colonisation française, escorté par des avions de chasse, en provenance de France, a atterri en ce début d’après-midi à l’aéroport Houari Boumediene.

Des démonstrations aériennes des parachutistes de l’ANP, qui arboraient l’emblème nationale, ont suivi leur atterrissage en signe de respect , d’admiration et de reconnaissance envers ces pionniers de la résistance au colonialisme français.

Les éléments de l’ANP ont également fait entonner 21 coups de canon en leur honneur. Les restes mortuaires étaient dans des cercueils, drapés de l’emblème national et portés comme des héros sur les épaules des éléments de l’ANP.

Le président Tebboune et des hauts cadres de la nation se sont recueillis à leur mémoire au salon d’honneur de l’Aéroport Houari Boumediene.

La Fatiha du Saint Coran a été récitée en cette circonstance et l’hymne national exécuté lors de ce recueillement.

Cette cérémonie de recueillement était empreinte de soulagement, de fierté et de satisfaction pour le rapatriement de ces valeureux chouhadas combattants, pionniers de la lutte contre l’oppression coloniale française.

L’admiration se lisait sur tous les visages à la vue de l’avion militaire C-130, escorté par des avions de chasse, exécutant une parade aérienne remarquable à la hauteur de la stature de ces héros nationaux.

Le président de la République, les hauts cadres de la nation, et les simples présents arboraient des mines graves et solennelles, à la hauteur de ces grands hommes qui ont tracé le sillon de la résistance et ont été les modèles des hommes du 1 er novembre 1954.

C’est un pan de l’épopée historique de la résistance algérienne qui a été recouvrée , après une longue attente, pour qu’ils reposent enfin dans une dignité méritée.

Une restitution dans une « Algérie nouvelle » qui se réconcilie avec son histoire, ses héros et ses symboles qui ont brillé par leur courage, leur bravoure, leur résistance et leur sens de l’honneur.

Le Président de la République, Chef Suprême des Forces Armées, ministre de la Défense nationale, M. Abdelmadjid Tebboune a présidé la cérémonie d’accueil des cercueils, en présence de hauts cadres de l’Etat dont le président du Conseil de la Nation par intérim, Salah Goudjil, le président

de l’Assemblée populaire nationale, Slimane Chenine, le Premier ministre Abdelaziz Djerad, le Chef d’état-major de l’ANP, le Général-major, Saïd Chanegriha , le Général d’armée, Commandant de la Garde républicaine Ali Ben Ali, ainsi que des membres du gouvernement.

Les cercueils contenant les restes mortuaires de ces chefs de la résistance populaire seront exposés dans le hall du palais de la Culture Moufdi Zakaria pour permettre aux citoyens de se recueillir à leur mémoire et de leur rendre un hommage, durant toute la journée de samedi.

Le Président de la République avait annoncé, jeudi, lors d’une cérémonie officielle organisée à l’occasion du 58e anniversaire du double anniversaire de l’indépendance et de la jeunesse qu’il s’agit d’une première étape de rapatriement des restes mortuaires des résistants algériens, en faisant part de la détermination de l’Etat de poursuivre cette opération jusqu’au rapatriement de l’ensemble des restes des résistants algériens pour qu’ils soient enterrés sur la terre pour laquelle ils se sont sacrifiés.

Les crânes de nombreux résistants algériens se trouvent au Musée d’histoire naturelle de Paris. Ils appartiennent notamment à Mohamed Lamjad Ben Abdelmalek, dit Cherif Boubaghla, qui a mené une insurrection populaire dans la région du Djurdjura, en Kabylie, au Cheikh Bouziane, le chef de la révolte des Zaâtcha (région de Biskra en 1849), à Moussa El-Derkaoui, son conseiller militaire, et à Si Mokhtar Ben Kouider Al-Titraoui.

La tête momifiée d’Aïssa El-Hamadi, qui fut le lieutenant du Cherif Boubaghla, et le moulage intégral de la tête de Mohamed Ben-Allel Ben Embarek, lieutenant de l’Emir Abdelkader, y sont également conservés.

Lors du siège de Zaâtcha (30 km au sud-ouest de Biskra), les résistants algériens de cheikh Bouziane s’étaient opposés aux troupes de la colonisation française du général Emile Herbillonet. Le siège s’était terminé par l’extermination de la population de l’oasis.

La restitution des crânes de ces résistants avait fait l’objet d’une demande officielle de l’Algérie à la France et la question avait été soulevée lors d’entretiens entre les plus hautes autorités des deux pays.

Une commission technique composée d’experts algériens avait été mise en place pour procéder à l’identification des crânes de ces résistants algériens.

La Nation rendra hommage à ces dirigeants et membres des résistances populaires à l’agression coloniale française par leur inhumation solennelle au Carré des Martyrs à El -Alia en Algérie, leur terre natale pour laquelle ils ont donné leur vie.

Le ministre des Moudjahidine et des Ayants-droit, Tayeb Zitouni, avait déclaré en janvier 2019 que « à ce jour, 31 crânes ont été déjà identifiés et l’opération se poursuit ».

Input your search keywords and press Enter.