Saturday, September 2020

Les exclusions et le boycott du DEMS relancent le mouvement des médecins résidents  

Rien ne va plus dans le bras de fer entre les médecins résidents et leurs deux tutelles, les ministères de la Santé et de l’Enseignement supérieur. Le mouvement semble reprendre de plus bel après que des exclusions aient été prononcées à travers plusieurs hôpitaux. Et c’est au moment où l’on misait sur sa mort qu’il resurgi et parti pour durer.

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« On parle de centaines de collègues médecins résidents exclus, ici à Alger, à Blida et à Oran notamment », affirme le Dr Saddek Hamlaoui, de la cellule de communication du Collectif autonome des médecins résidents algériens (Camra), lui-même exclu dans son service d’Orthopédie au CHU de Bab El Oued.

Ce dimanche, 17 juin, plusieurs dizaines de résidents ont organisé un sit-in à l’intérieur de cet établissement hospitalier, pour dénoncer ce qu’ils qualifient de « décision abusive » du chef de service d’Orthopédie-traumatologie, le professeur Benbakouche.

Réintégration des exclus : une priorité

« Il y a 37 collègues résidents exclus à Bab El Oued », précise le Dr Hamza Boutaleb, porte-parole du Camra, non sans s’élever contre « une mesure d’intimidation visant à briser le mouvement ».

Cette décision n’a soulevé, pour l’heure, aucune réaction de la part du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique ; encore moins celui de la Santé. Une attitude qui accentue encore le sentiment de mépris et de colère chez les médecins résidents qui, désormais, ne comptent pas baisser les bras.

« Même dans le cas où nos revendications seront satisfaites, nous n’allons pas reprendre le travail, sans nos collègues exclus », tranche pour le Camra, Hamza Boutaleb. Pour lui, « la réintégration des résidents exclus est une priorité ».

Mais, ce n’est pas chose facile, si l’on prend compte du diktat de certains chefs de service à travers les hôpitaux.  Pour ne citer que celui-ci, le Pr Benbakouche qui a décidé de « remettre à disposition de l’administration » ses 37 résidents, ne semble reconnaître aucune autorité.

Diktat

Lors du sit-in de ce matin, il a reçu les concernés devant lesquels il s’est justifié. « Il nous a expliqué que nous étions en arrêt de travail et que nous assumons plus nos gardes et qu’il est décidé à rester sur sa position », témoigne l’un des exclus.

A-t-il obéit sur instructions venant de la tutelle ?  « Non », répond notre source car, bien au contraire, le Pr Benbakouche « a procédé seul », comme il le leur a confirmé.

Dire que le mouvement échappe à présent à tout contrôle et les deux ministères semblent incapables de résoudre le conflit et de le prémunir de dérapages.

DEMS : le « re-boycott » se précise

En outre, des rassemblements « de soutien et de solidarité » aux candidats à l’examen du Diplôme d’études médicales spécialisées  (DEMS), ont été organisé au niveau des facultés de médecine, selon le Dr Boutaleb, à l’occasion du premier jour des inscriptions imposées par le département de Tahar Hadjar, en prévision de la session de rattrapage fixée entre le 1er et le 19 juillet.

Mais, à moins d’un dénouement avant cette date, le boycott sera le mot d’ordre. Les candidats de pédiatrie, d’orthopédie et de chirurgie infantile, entre autres, ont déjà annoncé le boycott de cette « session de la honte ».

Déserts médicaux : on y est !  

Pendant ce temps et alors que les autorités gardent le silence, « les services hospitaliers se vident des médecins spécialistes de la précédente promotion affectés dans le cadre du service civil », déclare le Dr Hamlaoui. Conséquence direct du boycott des sessions du DEMS de janvier et d’avril, les déserts médicaux sont depuis quelques semaines une réalité. Qui en assumera la responsabilité ? Telle est la grande question.

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