Sunday, April 2021

Migrants : Amnesty international appelle l’Algérie à « mettre fin aux expulsions »

Amnesty international (AI) appelle les autorités algériennes à mettre fin aux arrestations et expulsions de migrants. « L’Algérie doit protéger les droits des milliers de migrants, réfugiés et demandeurs d’asile originaires d’Afrique subsaharienne qui se trouvent dans le pays », écrit AI ce mardi 18 décembre, à l’occasion du lancement, cette semaine, d’une campagne appelant les autorités « à mettre fin aux expulsions sommaires vers le Niger et le Mali et à adopter une loi sur l’asile ».

Selon Hassina Ousseddik, directrice de l’antenne Algérie de l’ONG, « malgré le nombre considérable de migrants, de demandeurs d’asile et de réfugiés sub-sahariens présents en Algérie, notre pays ne dispose toujours pas d’un cadre juridique clair définissant le statut des travailleurs migrants ni d’une loi sur l’asile, plus de cinquante ans après avoir ratifié la Convention de 1951 sur les réfugiés ».

L’organisation de défense des droits de l’Homme affirme qu’« au cours de l’année 2018, au moins 12 913 ressortissants nigériens et 649 personnes originaires de pays tiers ont été expulsés vers le Niger, dans le cadre de convois organisés par les autorités ; au moins 11 238 migrants originaires d’Afrique centrale ou occidentale et 386 Nigériens ont été abandonnés à la frontière et contraints de passer au Niger et au moins 3 000 migrants originaires d’Afrique centrale ou occidentale ont été abandonnés à la frontière et contraints de passer au Mali ».

Ces expulsions « massives », ajoute AI, « sont contraires aussi bien à la Loi algérienne n° 08-11 du 25 juin 2008 qu’aux engagements internationaux pris par l’Algérie, en vertu, notamment de la Convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille et de l’article 12 de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples de l’Union africaine ». « Deux instruments ratifiés par l’Algérie », rappelle-t-elle dans le même document.

Amnesty international Algérie a, enfin, exhorté les autorités « à réviser la loi n° 08.11 du 25 juin 2008 et la loi n° 09.01 du 25 février 2009, afin de dépénaliser l’entrée, le séjour et la sortie du territoire dans des conditions irrégulières et pour que ces actes soient traités comme des infractions administratives plutôt que pénales ».

En attendant, et dans la perspective de l’adoption d’une loi de mise en œuvre de la Convention relative au statut des réfugiés (1951) et de son Protocole facultatif (1967), les autorités « doivent veiller à ce que les demandeurs d’asile et les réfugiés reconnus par le HCR bénéficient d’une protection internationale ».

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