Tuesday, December 2018

Mondial 2018: Les origines africaines de l’équipe de France évoquées par Obama en Afrique du Sud  

Jusqu’à Barack Obama, les origines des Français champions du monde de football ont fait parler à l’étranger, en bien ou en mal: un paradoxe alors que la France a fêté sa deuxième étoile loin du mythe « Black Blanc Beur » de 1998.

Pour défendre la diversité lors d’un discours à Johannesburg à l’occasion du centenaire de la naissance de Nelson Mandela, l’ancien président américain a lancé: « Si vous en doutez, demandez à l’équipe de France de football qui vient de gagner la Coupe du monde. Tous n’ont pas l’air Gaulois à mes yeux… mais ils sont Français. Ils sont Français ! », a-t-il souligné avec force.

A l’instar d’Obama, ils sont nombreux à l’étranger à avoir fait référence aux origines africaines de quatorze des vingt-trois joueurs, soit pour les saluer, soit pour les critiquer.

Parmi eux, l’ancien joueur et sélectionneur de la Croatie Igor Stimac, qui s’est faussement interrogé sur Facebook: « Quelqu’un sait contre qui exactement on joue la finale ? ».

« Nous affrontons la République de France et le continent africain », a-t-il renchéri dans une interview à l’agence de presse turque Anadolu. « Donc ce sont les 11 meilleurs, les plus talentueux, parmi un milliard de personnes, et de l’autre côté, nous sommes quatre millions » (le nombre d’habitants en Croatie, ndlr).

Origines africaines

Au lendemain de la finale, le quotidien italien Corriere della Sera a évoqué « la France pleine de champions africains mêlés à de très bons joueurs blancs, et une équipe de blancs seulement (la Croatie) au carrefour de trois grandes écoles de football, l’allemande, la slave et l’italienne ». Un raccourci revenu en boucle sur les réseaux sociaux, dans un pays où la rivalité sportive avec la France est ancrée.

De son côté, le président vénézuélien Nicolas Maduro a salué une « victoire de l’Afrique ». L’héritier d’Hugo Chavez s’en est servi pour appeler à « en finir avec le racisme contre les peuples africains en Europe ».

Sur le continent africain, la France a volontiers été qualifiée de « sixième équipe africaine » du Mondial. « Toute l’Afrique francophone a célébré la victoire des Bleus comme si c’était la sienne au motif que c’est aux joueurs d’origine africaine de l’équipe bleu-blanc-rouge qu’on la doit », pouvait-on lire dans un édito du quotidien pro-gouvernemental gabonais L’Union, mardi. « C’est vrai qu’ils y ont contribué, mais c’est oublier que ces garçons issus de la diversité sont avant tout des Français ».

En France, les célébrations de ce deuxième titre mondial ont éludé le sujet, contrairement à l’exaltation de la France « Black Blanc Beur » par la classe politique et les médias lors du premier sacre en 1998.

Depuis vingt ans, « les mentalités ont évolué et, malgré les difficultés qui persistent, le processus d’enracinement des populations issues de l’immigration a fait son chemin », analyse Yvan Gastaut, maître de conférence à l’université de Nice Sophia-Antipolis et spécialiste des liens entre immigration et sport.

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