Wednesday, April 2021

Syriens refoulés par l’Algérie vers le Niger: la ministère de l’intérieur répond à la LADDH

Le ministère de l’intérieur a répondu ce jeudi à ce  qu’elle qualifie d »informations fallacieuses » diffusées par la ligue algérienne pour la défense des droits de l’Homme (aile Nourredine Benissad), concernant des syriens refoulés récemment vers le Niger.

En effet, la LADDH a diffusé un communiqué le mardi dernier alertant sur l’état de détresse de plusieurs individus, en majorité des syriens, refoulés par l’Algérie vers le Niger. « Ce refoulement vers la frontière aurait été effectué par bus avec l’implication des éléments du Croissant rouge algérien. Le groupe qui contient aussi des Palestiniens et des Yéménites, et dans lequel figurent des femmes et des enfants, notamment une femme enceinte à son neuvième mois, était en rétention dans le centre de Tamanrasset depuis plus de deux mois », avait écrit la LADDH dans un communiqué.

Pour le ministère de l’intérieur  » ces personnes ne sont pas des migrants ». Dans une déclaration à l’APS, Hassan Kacimi, directeur au ministère de l’Intérieur chargé du centre opérationnel du ministère et du dossier de la migration, a indiqué qu' »Il y a des éléments tout à fait erronés et fallacieux et qui ne correspondent pas aux événements tels qu’ils se sont déroulés », dans les informations diffusées par certains médias en se basant sur des éléments d’organisation de droits de l’Homme. Le représentant du ministère de l’intérieur visait le communiqué de la LADDH sans la nommer.

Des djihadistes 

Selon M Kacimi l’Algérie n’a pas refusé « des demandes d’asile à ces individus », insistant sur le fait qu’il s’agit de djihadistes circulant avec de faux passeports. « Ces djihadistes, quand ils sont arrivés en Turquie, si vraiment ils étaient menacés dans leur vie, pourquoi n’ont-ils pas demandé le droit d’asile en Turquie? », s’est interrogé M. Kacimi, qui a noté que ces gens-là ont bénéficié de faux passeports  avant d’être transférés par avion vers le Soudan et ensuite vers la Mauritanie.

Le même responsable pose également une série d’interrogations : quel est le migrant qui peut se permettre le luxe de voyager par tant de capitales et de débourser plus de 200 millions de centimes pour arriver aux frontières sud de l’Algérie ? Qui finance l’organisation, l’encadrement et la protection de ces djihadistes ?

Il a relevé, dans ce sens, qu’à partir de la Mauritanie, « ils rentrent vers le Nord du Mali sous une protection de groupes terroristes qui les ramènent vers Ain Khalil pour les faire rentrer dans le territoire national par Timiaouine. Et il y a une deuxième route qui passe (par avion) du Soudan vers Bamako ou il y a de fortes complicités locales où on les fait remonter vers Agadez où ils sont pris charge par des groupes armés pour les faire remonter vers les frontières algériennes ».

Se posant aussi des questions sur les financements de « ces colonnes de djihadistes », sur la partie qui leur accorde une protection, M. Kacimi regrette que tous ces éléments d’informations ne soient pas évoqués dans les communiqués de ces organisations.

Autre chose, a ajouté le même responsable, « si c’étaient vraiment des migrants en détresse et qu’ils avaient besoin de la protection des autorités algériennes, pourquoi, quand ils sont arrivés aux frontières algériennes, ils ne se sont pas adressés aux autorités algériennes qu’ils ont évitées pour échapper au contrôle des autorités publiques ».

Il a souligné que ces personnes ont été interceptés « en flagrant délit de franchissement illégal des frontières algériennes et ils ont été installés dans le centre d’accueil de Tamanrasset » avant de  » confirmés leur origine et leur parcours ».

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