Friday, September 2020

Un autre vendredi dans la rue, les algériens réclament le départ de tout le système

Des millions de citoyens sont sortis dans la rue pour le sixième vendredi consécutif, à travers les wilayas du pays, pour réclamer un « changement radical du système » et des « réformes politiques profondes ».

Cette énième mobilisation des algériens intervient quelques jours après la demande du chef d’état-Majour, Ahmed Gaid Salah, d’appliquer l’article 102 de la constitution afin de déclarer l’état d’empêchement de Bouteflika. La réponse de la rue est sans appel. « Le départ de tout le système ». La mobilisation ne faiblit pas et s’organise de plus en plus en clarifiant ses slogans et revendication. Si les manifestants s’en prennent aux symbole du régime, il n’en demeure pas moins que la lecture politique de la colère populaire est le changement radical du système.

Pour cela, dans le Centre du pays, à Blida, Chlef, Ain Defla, Médéa et Djelfa, des milliers de citoyens ont sillonné les principales artères de ces villes, en déployant l’emblème national et en réclamant le  » la volonté du peuple ».

Des marches pacifiques ont eu lieu également à Tizi-Ouzou, Bouira, Bejaia et Boumerdes où les manifestants ont rejeté la proposition appelant à l’application de l’article 102 de la Constitution, tout en scandant « Djeich Chaab Khawa khawa » (Armée et la peuple sont frères).

Dans l’Est du pays, les marcheurs ont réclamé, entre autres revendications, le respect de la Constitution conférant au peuple la source de la souveraineté.

A Constantine, Oum El Bouaghi, Khenchela, Mila, Guelma, El Tarf,  Biskra et Batna, des milliers de citoyens, hommes, femme et enfants dont certains drapés de l’emblème national, ont convergé de tout part, juste après la prière de vendredi, vers le centre ville de ces wilayas brandissant des banderoles sur lesquelles on pouvait lire « Le peuple est source de toute souveraineté ».

Encadrés par un dispositif de sécurité, ces milliers de manifestants ont également exprimé leur rejet de l’application de l’article 102 de la Constitution et réclamé le départ du président du Conseil de la Nation.

Par ailleurs, la mobilisation populaire n’a pas faibli au sixième vendredi à Annaba où une marrée humaine s’est rassemblée sur le cours de la Révolution. Une immense banderole a été déployée sur laquelle était notamment écrit : « Art 102 dépassé » et « Un gouvernement de compétences nationales approuvées par le peuple ».

Les mêmes scènes ont été rapportées de Tébessa, Souk Ahras, Skikda et Sétif, aux chefs lieux des wilayas comme dans les agglomérations secondaires, où des milliers de citoyens ont marché pacifiquement avec comme mot d’ordre « Un changement global » et « pour le respect de la Constitution ».

Dans l’Ouest du pays, ils étaient des milliers à revendiquer le « changement du pouvoir ». A Oran, la marche a drainé la foule, mais visiblement moins nombreuse par apport aux vendredis précédents.

Les manifestants se sont regroupés devant le siège de la wilaya d’Oran,portant des pancartes insistant sur le changement, le non prolongement du mandat présidentiel et d’autres revendications politiques. Cette marche a traversé le boulevard de l’ALN (Front de mer), la Rue Larbi Ben M’hidi jusqu’à la place 1er Novembre.

D’autres wilayas de l’Ouest ont connu une importante participation dans les marches, dont certaines ont enregistré des foules moins nombreuses que les précédents vendredis, à savoir Mascara, Sidi Bel Abbes et El-Bayadh, tandis que le nombre était plus élevé à Mostaganem, Relizane, Saida, Tlemcen, Ain Temouchent, Tiaret et Tissemsilt.

L’appel à l’application de l’article 7 de la Constitution, conférant au peuple la source de la souveraineté, a été le nouveau slogan scandé par les manifestants à travers les wilayas du Sud pour réclamer un changement politique « profond ». Les manifestants sont sortis dans la rue, tout aussi nombreux que les cinq précédents vendredis, dans des rassemblements suivis de marches à travers les principales artères des villes du Sud, telles que Ouargla, Touggourt, Ghardaïa, Adrar et Tamanrasset, pour réclamer un changement « radical » et le départ des figures de proue du système, tout en appelant au respect de la Constitution et en mettant en avant la symbiose entre le peuple et l’Armée (Djeich-Chaâb, khawa-khawa), « source de fierté et de confiance ».

Le refus de l’ingérence étrangère dans les affaires internes du pays et l’appel à la préservation de l’unité nationale et de la République ont été d’autres slogans scandés lors de ces marches qui n’ont pas dévié de leur caractère pacifique habituel (Sylmia-Sylmia).

Les marches à travers les wilayas se sont déroulées dans le calme, encadrées par un dispositif sécuritaire. Aucun dépassement ou incident n’a été signalé, a-t-on constaté.

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