Tuesday, April 2021

Violence faites aux femmes : plus de 1000 femmes retirent leurs plaintes en Algérie

Les statistiques des violences faites aux femmes en Algérie communiqués par la Police font ressortir une pression sociale de plus en plus accrue sur les femmes qui se traduit par l’abandon des plaintes déposées aux niveaux des services de sécurité.

Khouas Yasmine, commissaire de Police et chef du Bureau national de protection des catégories vulnérables, a affirmé mercredi  à Alger que « 736 cas de femmes avaient, en 2017, retiré leurs plaintes déposées auprès des services de Police, contre 411 cas de femmes qui s’étaient désistées durant l’année en cours ». En effet, depuis 2017 et uniquement aux services de la Police, plus de 1100 femmes ont abandonné des plaintes déposées pour agression. En communiquant le chiffre de 7061 cas de violence faite aux femmes lors des neuf premiers mois de 2018, cela nous ramène à constater que plus de 5% des femmes victimes de violences retirent leurs plaintes.

La femme violentée retire souvent la plainte déposée contre l’agresseur, a indiqué Mme Khouas qui souligne, à ce égard, que la femme algérienne s’acquitte de tous les rôles et ne pense pas à son statut de victime mais plutôt au regard porté par la société et la famille.

D’après les statistiques, poursuit l’intervenante, 736 cas de femmes avaient, en 2017, retiré leurs plaintes déposées auprès des services de Police, contre 411 cas de femmes qui s’étaient désistées durant l’année en cours.

Pressions sociales

Intervenant au Forum de la sûreté nationale à l’occasion de la célébration de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes (25 novembre) et de la Journée internationale des droits de l’enfant (20 novembre), Mme. Khouas a expliqué que « la femme algérienne s’acquitte de tous les rôles et ne pense pas à son statut de victime mais plutôt au regard porté par la société et la famille ».

Ainsi, les craintes exprimées par les acteurs de la lutte contre la violence à l’égard des femmes concernant l’absence de mesures et de législation permettant aux femmes victimes de violence de se libérer de la pression sociale, sont fondées. Faut-il rappeler que la loi criminalisant les violences à l’égard des femmes promulguée en 2015 laisse le choix à la plaignante de retirer sa pleine, ce qui le met d’avantage sous pression de l’agresseur ? A ce titre, les femmes violentées continuent de subir les agressions et la loi de l’omerta.

La commissaire de Police, chef du Bureau national de protection des catégories vulnérables, Khouas Yasmine a fait état, de 7061 cas de violence faite aux femmes lors des neuf premiers mois de 2018, ajoutant que « la violence physique est la forme la plus pratiquée contre les femmes au cours des neuf premiers mois de 2018, avec 5150 femmes victimes contre 5272 cas enregistrés en 2017 ».

Concernant les agressions sexuelles, elles s’élevaient à 105 cas, contre 193 durant la même période de 2017, a soulevé l’intervenante.

S’agissant de la frange d’âge la plus exposée à la violence, la commissaire de police a indiqué qu’il s’agissait des femmes âgées entre 26 et 35 ans, même représentation pour les agresseurs. Quant à la situation professionnelle, elle est « sans profession » pour la femme violentée, et « chômeur » ou journalier pour l’agresseur. Le niveau intellectuel pour l’agresseur et pour la victime est « moyen », selon les explications fournies par Mme. Khouas.

Les services de police ont enregistré, par ailleurs, une augmentation du taux de violence sur ascendants qui concerne la tranche d’âge de plus de 56 ans, a-t-elle soutenu.

Input your search keywords and press Enter.