Tuesday, December 2018

Visa Schengen : Le consul général de France en Algérie reconnait le durcissement des procédures

L’ambassade de France en Algérie a fini par reconnaître le durcissement des procédures d’obtention des visas ayant engendrées des « refus de visas » sans précédent ces derniers mois. C’est la première fois qu’un haut responsable de l’ambassade de France en Algérie reconnait une telle situation après les contestations des citoyens algériens et des autorités.

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En effet, le consul général de l’ambassade de France en Algérie est sorti de la logique de communication adoptée par les responsables diplomatiques français depuis déjà quelques mois en niant l’existence de nombre considérable de refus de visas et reconnait un durcissement des procédures lié à la politique des Etats de l’espace  Schengen et non spécialement à la France. « Le pic en termes de délivrance (de visas), c’était en 2017, avec un peu plus de 410.000 visas. Qu’est-ce que les Algériens constatent aujourd’hui ? Ils voient effectivement que c’est plus difficile d’obtenir un visa », a reconnu  M. Marc Sédille, consul général de France en Algérie dans un entretien à TSA paru ce lundi.

Crise migratoire et espace Schengen

Marc Sédille a essayé d’expliquer les restrictions sur les visas vers la France en revenant sur la crise migratoire de 2015 en Europe. « Il faut rappeler qu’en 2015, il y a eu la crise migratoire », a déclaré le consul général, en poste à Alger depuis quatre mois, mettant l’accent sur l’impact de cette crise sur les Etats de l’espace Schengen. Le même responsable a laissé entendre que l’Europe en général et la France en particulier n’ont pas le choix, arguant qu’il est pratiquement impensable de rétablir les frontières entre la France et l’Allemagne ou entre la France et l’Espagne à titre d’exemple.

 « La réponse à cette crise migratoire majeure de 2015 qui a mis en péril l’espace Schengen a été de revenir aux principes fondateurs de l’accord Schengen qui sont la suppression des contrôles aux frontières intérieures, le renforcement des contrôles aux frontières extérieures, la coopération de police transfrontalière et la coopération judiciaire », a-t-il encore tenté de convaincre. Pour lui, le visa Schengen est l’un des instruments de contrôle des frontières extérieures, encadré par un texte réglementaire : le code Schengen. « A partir du moment où on décide de renforcer le contrôle aux frontières extérieures, on va effectivement avoir un contrôle accru sur la délivrance des visas. C’est ce qui se passe actuellement », a-t-il argué.

France-Visas

 A une question relative aux procédures de cette nouvelle politique de « contrôle accru », il dira que « Pour la France, la matérialisation de ce contrôle accru sur la délivrance des visas, c’est France-Visas. France-Visas est une plateforme gouvernementale qui permet de saisir sa demande de visa et qui fournit la liste des justificatifs requis conformément au code Schengen pour ce qui est des visas de court séjour. Ce dispositif a été déployé par la France partout dans le monde et pas seulement en Algérie ». Le responsable de l’ambassade de France en Algérie affirme que les restrictions en question ne concernent pas uniquement l’Algérie mais tous les pays du monde.

« En Algérie, les partenaires Schengen ont établi une liste commune de justificatifs à produire. Tous les dispositifs qui prévoyaient des assouplissements ont été balayés par ce renforcement du contrôle aux frontières extérieures », a-t-il ajouté dans le même entretient avec nos confrères de TSA.

Pour ce qui est des situations dérogatoires qui existait en Algérie où certaines catégories de demandeurs présentaient des dossiers dits « allégés », le consul général admet qu’il n’est plus possible de le faire aujourd’hui. « Tous les justificatifs doivent être fournis, quelle que soit la qualité du demandeur », a-t-il dit. « Cela ne vise pas exclusivement les Algériens. C’est une mesure globale déployée partout.  La seule particularité, et c’est une particularité importante, c’est qu’entre la France et l’Algérie, il y a ce mouvement de va-et-vient continu qui a toujours existé », a-t-il insisté.

Affichant  une compréhension quant aux préoccupations de certains Algériens de part la densité des relations humaines, culturelles et économiques entre les deux pays, le responsable française recommande aux personnes concernées de s’adapter à cette nouvelle situation. Cependant, il nie toute « volonté » de restreindre la délivrance des visas. « Il s’agit bien d’effectuer des contrôles approfondis », a-t-il conclut.

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