Wednesday, September 2020

Belkhir Nesrine, une infirmière face au coronavirus

Belkhir Nesrine fait partie du corps paramédical qui affronte au quotidien le risque de contamination par le covid-19. Elle apporte réconfort, soutien moral et soins nécessaires aux personnes atteintes par cette pandémie du siècle.

Agée de 34 ans et mère de trois fillettes, cette infirmière s’est portée sans hésitation volontaire pour travailler au bloc 470 ouvert début du mois d’avril au niveau du CHU Tlemcen en soutien à l’EPH de Remchi, réservé aux malades atteints du covid-19 destiné depuis l’apparition de cette pandémie à accueillir les personnes malades.

« Sans hésiter, j’ai décidé d’accomplir pleinement mon devoir d’infirmière et prendre part, aux côtés des membres de nos équipes à lutter contre ce virus, véritable problème mondial », a-t-elle confié à l’APS.

Malgré une expérience de huit années comme infirmière au service de chirurgie générale, Belkhir Nesrine avoue avoir passé une nuit blanche la veille de sa prise de fonction dans son nouveau service.

« J’ai passé en revue les belles choses que la vie m’avait gratifié : mes filles, mon époux, ma mère et tous ceux et celles que j’aime beaucoup », a-t-elle affirmé avec fierté, mais l’amour de son métier est encore plus fort. « Mon métier exige de la disponibilité, de l’endurance physique, de la vigilance et le sens de la responsabilité tout en sachant gérer, voire taire ses émotions », a-t-elle reconnu.

« Une fois arrivée au service, je me suis mise dans le bain en voyant des jeunes et des vieux malades souffrant. J’ai pris mon courage à deux mains.

J’ai caché ma peine et ma peur pour paraître forte aux yeux des patients et essayer de leur remonter le moral, les apaiser et surtout leur donner de l’assurance et le soutien psychologique dont ils ont besoin », a-t-elle indiqué.

Actuellement, Belkhir Nesrine travaille une journée par semaine. Elle passe le restant du temps confinée dans un appartement proche du CHU de Tlemcen que son oncle lui a prêté. « Je préfère rester seule dans cette situation et méditer. L’école paramédicale mise à la disposition du personnel médical et paramédical mobilisé dans la lutte contre la pandémie ne me convient pas », a-t-elle reconnu.

Concernant l’organisation de son travail, cette mère de famille précise qu’elle aurait préféré travailler toute la semaine pour ensuite se confiner 15 jours et rejoindre sa petite famille. « A ce rythme, je vais devoir travailler le mois d’avril et me confiner jusqu’à la mi-ramadhan pour pouvoir regagner mon foyer et passer le reste du mois de carême avec mes enfants et mon mari », a-t-elle dit.

Une fois la pandémie enrayée

Belkhir Nesrine se dit « outrée » par le non-respect des consignes de confinement partiel constaté dans certains quartiers et cités de la ville de Tlemcen par des personnes « inconscientes et irresponsables ».

« J’ai remarqué que des gens ne respectent aucunement les règles de confinement qui constituent le meilleur moyen d’éviter la propagation de ce maudit virus. C’est comme si elles prenaient les choses à la légère.

Pourtant le danger et les risques de contamination sont réels », a précisé l’infirmière.

Son expérience dans le milieu médical, son contact permanent avec les malades souffrant d’insuffisances respiratoires dues au coronavirus et son vécu quotidien avec la souffrance de ses patients la poussent à inviter ceux et celles qu’elle côtoie à faire preuve de vigilance.

Dans ce sens, elle invite les gens à respecter le confinement partiel et les règles d’hygiène les plus élémentaires. Pour elle, comme pour les professionnels sur le terrain et face à la maladie au quotidien, ces gestes permettront de briser la chaine de contamination et d’éviter beaucoup de complications.

L’infirmière se dit très touchée par l’élan de solidarité à leur égard qu’expriment au quotidien des bienfaiteurs et des habitants de Tlemcen.

Ceux-ci leur apportent des moyens de protection et de travail dont ils ont besoin comme les gants en latex, des bavettes, des masques. D’autres leur fournissent des repas chauds. « Ces gestes nous mettent du baume dans le cœur et nous montrent que nous ne sommes pas seuls face à la pandémie », a-t-elle estimé.

En guise de mot de la fin, elle reconnaît qu’elle a hâte de retrouver sa petite famille et replonger dans la quiétude familiale « une fois la pandémie enrayée à jamais et la vie normale retrouvée », a-t-elle souligné esquissant un sourire réconfortant.

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