Friday, March 2019

Nouveau gouvernement : Bedoui « entame les consultations »… mais avec qui ?

Lors de sa conférence le 15 mars dernier, le Premier ministre, Noureddine Bedoui, a déclaré que le nouveau gouvernement sera mis en place « dans une semaine ». Le voilà commencer à peine les consultations.

Selon l’agence officielle APS qui cite « une source bien informée », Noureddine Bedoui « a entamé avec le Vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, des consultations tendant à la formation du nouveau gouvernement de compétences nationales avec ou sans affiliation politique ».

La nouvelle équipe comporterait donc « des compétences nationales avec ou sans affiliation politique et reflétant de manière significative les caractéristiques démographiques de la société algérienne ». Les consultations en cours « s’étendront aux représentants de la société civile et aux formations et personnalités politiques qui en exprimaient le souhait en vue d’aboutir à la mise en place d’un gouvernement de large ouverture », précise la même source.

Pourtant, il y a lieu de se s’interroger sur l’identité des interlocuteurs de Bedoui et de Lamamra. A l’exception des partis du pouvoir, FLN, RND, MPA, TAJ ou encore l’ANR, le FNA et El Islah qui ont montré des signes de rapprochement, toutes les formations politiques de l’opposition ont rejeté la nomination des deux hommes par Bouteflika. Espérer que des figures de l’opposition puisse s’asseoir autour de la table avec Bedoui ou Lamamra est un vœu creux.

A travers les manifestations du vendredi 15 mars, la rue a rejeté et la feuille de route de Bouteflika et les personnes chargées de sa mise en œuvre. Les pancartes et slogans dénonçant le trio Bedoui, Lamamra et le diplomate Lakhdar Brahimi sont la preuve tangible qu’ils sont dénués de tout crédit. Leur démarche ne pourra aboutir en l’état actuel des choses.

Le RCD, le FFS, Talaie El Hourriyet, le MSP, le FJD…pour ne citer que ces partis, ont tous refusé le plan du Président sortant. Ils appellent à « écouter les revendications de la population », à savoir donc « le départ du système et ses figures » pour permettre l’émergence de nouveaux visages à même de conduire le pays à une solution pacifique.

Rien n’a filtré sur l’identité des partis ou organisations ciblés par le duo Bedoui-Lamamra. Mais, d’ores et déjà, des observateurs redoutent que ce soit de nouvelles figures recyclées du système, voire même de jeunes militants inconnus des partis du pouvoir, qui « pourraient faire l’affaire ».

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