Sunday, February 2019

Argent hors circuit bancaire, note de la banque d’Algérie…les explications du président de l’ABEF

En l’espace de quelques années, les banques sont passées d’une situation d’abondance de liquidités à une situation d’insuffisance de liquidités. Le  président de l’Association des banques et établissements financiers (ABEF), Boualem Djebba, a expliqué cette situation  par la baisse, à partir de 2014, des ressources provenant des hydrocarbures, et, aussi, par l’importance des crédits à l’économie.

Selon le premier responsable de l’association, les crédits bancaires destinés à l’économie ont connus une croissance de 26%, consommés entre 2014 et 2016. « L’année 2017 a enregistré un reflux des crédits à l’économie, mais la progression est toujours à 2 chiffres, avec 12% de croissance », a relevé Boualem Djebbar lors de son intervention ce mercredi matin, sur les ondes de la chaîne III. En chiffre ; ces crédits ont été de l’ordre de 8.800 mds DA au 31 décembre 2017, contre 7.900 mds DA à la même période en 2016.

Les crédits en question sont constitués, selon la même source, à 75% de crédits d’investissement, à moyen et long terme, avec des différés importants dans la majorité des cas de 3 à 4 ans, voir 10 ans pour les grands crédits publics.

Autre chiffre important à retenir, celui des crédits impayés ou non recouverts, évalué à 10%, cumulés depuis l’existence des banques en Algérie, et qui concerne tous les types de crédits confondus : public, privé, Ansej et agricole. « La moitié (50%) de ces crédits impayés est catégorisée, selon le jargon bancaire, class 3, c’est-à-dire hautement risqué », a noté à ce propos le président de l’ABEF.

2700 milliards de dinars « détenus » par  les ménages  

Abordant l’argent circulant en dehors du circuit bancaire, M. Djebbar a précisé qu’il s’appartient essentiellement aux ménages qui «préfèrent encaisser entièrement leurs salaires, les garder chez eux, pour leurs besoins quotidiennes». Pour lui,  le meilleur moyen de capter cet argent, c’est de développer, à ses dires,  les instruments d’épargne et de paiement, et « surtout de rassurer les gens et gagner leur confiance pour qu’ils puissent s’habituer et se familiariser à avoir leur argent en banque ». Aussi, afin de « capter le maximum de ressources financières et de maximiser la bancarisation de l’économie », la Banque d’Algérie, avait dans une note, invité  les banques à « ne plus questionner les clients sur l’origine des fonds qu’ils veulent déposer ».

Le président de l’ABEF qui a salué cette mesure, en estimant que l’introduction de cette flexibilité en matière d’ouverture de compte, qu’il soit compte particulier ou compte courant entreprise, «va permettre, à coup sûr, aux banques d’aller de l’avant et de capter le maximum d’argent». « Permettre au client de déposer, librement, son argent et de l’utiliser, à tout moment, librement, sans lui demander, aussi, ce qu’il va faire avec son argent. Je pense que c’est un élément qui pourrait capter et gagner la confiance du client », a également expliqué l’invité de la chaine III.

Concernant le risque que cette opération favorise le blanchiment d’argent, l’orateur a complètement écarté cette éventualité. « La Note de la Banque d’Algérie n’est pas en contradiction avec le dispositif national de lutte contre le blanchiment qui relève d’autres organes de contrôle », a-t-il dit plus explicite assurant que « le rôle de la banque, précise-t-il, c’est de travailler sur la base de la connaissance du clients, lui réserver le meilleur accueil, recevoir son argent et le faire transiter dans le circuit économique ». A travers cette souplesse introduite dans le fonctionnement bancaire, l’autorité monétaire espère absorber l’énorme masse monétaire qui circule hors des banques, évaluée par le gouverneur de la Banque d’Algérie à 33% de la masse monétaire globale en circulation, soit l’équivalent de 4.675 milliards (mds) de dinars.

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