Monday, January 2021

Elle s’enfonce dans une crise sans précédent, sale temps pour Ooredoo Algérie

Un sale temps pour la filiale algérienne de l’opérateur qatari de la téléphonie mobile Ooredoo. La compagnie fait face à de nombreuses difficultés qui menacent même son avenir en Algérie.

L’information révélée jeudi, par le site internet Maghreb intelligent est sans appel : L’opérateur aurait transféré illégalement des capitaux à l’étranger. Le site d’information en ligne révèle dans le même article qu’une plainte de la banque d’Algérie a déposé contre Ooredoo Algérie. « Ooredoo est désormais trainé devant les tribunaux à la suite d’une plainte déposée par la banque d’Algérie pour transferts illicites de devises à l’étranger », écrit le média.

Transfert illégal de capitaux et opérations d’importations douteuses

Les soupçons de la banque d’Algérie concerne « le transfert de devises en infraction avec la législation et la réglementation des changes et des mouvements de capitaux de et vers l’étranger ». Il s’agit plus exactement « des infractions liées aux marchés du roaming conclus par Ooredoo à l’étranger, ainsi que plusieurs opérations d’importation douteuses ». Des accusations,  pour le moins qu’on puisse dire, grave. Un opérateur de la téléphonie étranger qui fait la grande partie de son chiffre d’affaire en Algérie est poursuivi en justice par l’institution financière en charge du contrôle des mouvements de capitaux et de la régularité de celle-ci, est très rare en Algérie. C’est dire à quel point ces soupçons sont sérieux. Les opérations en question datent de 2016, ce qui laisse croire que la banque d’Algérie a eu tout le temps qu’il faut pour ficeler le dossier et confirmer les infractions avant d’enclencher une action judicaire.

Manœuvre

Pour répondre à ces accusations, la direction de la société mère d’Ooredoo a tenté de présenter devant le juge du tribunal de  Sidi M’hamed, en charge de l’affaire, l’actuel Directeur général-adjoint, le Soudanais Abdulatif Hamad Dafallah, sans succès. Selon la même source, le juge a refusé d’entendre le DG adjoint et aurait convoqué le sulfureux ex-DG, Joseph Ged, en personne. En fait, les faits reprochés à l’entreprise étrangère se sont déroulés à son époque en 2016. Il faut dire que l’ex-DG d’Ooredoo en Algérie a quitté la direction dans des conditions opaques qui n’ont pas encore révélé tous leurs secrets. Il n’est d’ailleurs pas exclu, que l’ex-manager libanais a été limogé par la maison mère suite à cette affaire. La coïncidence de la date des faits (2016) avec le départ de Joseph Ged (21 septembre 2016) est troublante. Jusqu’au là, il n’est pas encore établi que l’ex- numéro 1 de Ooredoo en Algérie rentrera en Algérie pour se présenter devant le juge. Ce qui laisse planer un doute sur les véritables intentions des responsables qataris pour qui, semble-t-il, le limogeage de l’ex-DG n’est autre qu’une tentative d’étouffer l’affaire.

Silence radio de certains médias

Face à cette situation, fort probablement, frauduleuse qui a des conséquences catastrophiques sur l’économie nationale, la presse nationale n’a pas trouvé l’intérêt d’enquêter ou du moins d’informer les citoyens. Certains médias, arrosés par la manne publicitaire de l’opérateur qatari, ont même publié des articles élogieux sur Ooredoo jeudi, soit le jour même de la révélation de la plainte de la banque d’Algérie. Ce qu’il est quand même déplorable, ce n’est pas d’avoir fait un tel article, mais son timing, d’autant plus que l’évènement dans lequel Ooredoo a mis en avant sa prétendue « image citoyenne » a eu lieu 72 heures avant la publication de l’article.

Au moment où l’opérateur étranger perd des parts de marché considérable, vu l’ascension fulgurante de ses conquérants, des médias évitent d’aborder le sujet d’une crise qui n’est plus un secret.

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