Tuesday, October 2020

Aïd El Adha: la collecte des peaux des sacrifices n’aura pas lieu à cause du Covid-19

L’opération de collecte des peaux de moutons sacrifiés a l’occasion de l’Aïd El Adha n’est pas prévue pour l’Aid de cette année à cause de la pandémie de Covid-19, a affirmé mercredi à Alger, le directeur général de l’Agence nationale des déchets (AND), Karim Ouamane.

« La campagne de sensibilisation pour l’Aïd lancé par notre agence cette année ne portera pas sur la collecte des peaux de moutons (au profit des tanneries), mais plutôt sur les mesures d’hygiène afin d’éviter que l’acte du sacrifice ne se transforme en nouveau facteur de contamination », a déclaré M. Ouamane à l’APS.

Le directeur général de l’AND a prévenu dans ce contexte que les déchets d’abattage (toisons, cornes pattes) sont classés dans la catégorie des déchets spéciaux, car ils pourraient être un facteur de propagation du virus notamment en cette période de crise sanitaire.

« Ces restes animaux classés dangereux ne devraient pas être collectés avec les ordures ménagères car ils constituent une source potentielle de risque pour la santé publique », a-t-il prévenu.

Aussi, il appelle les citoyens au strict respect des mesures d’hygiène en leur recommandant d’emballer les déchets dans de grands sacs en plastique qu’ils fermeront soigneusement avant de les déposer au niveau des points de collecte.

« Ces déchets seront acheminés le jour même par les services d’hygiène communaux vers les centres d’enfouissement technique ».

En se référant aux donnés du système national d’information sur les déchets (Cnid), M. Ouamane a fait constater que le volume des ordures ménagères, qui avoisine en moyenne 35.620 tonnes par jour, enregistre habituellement une pic de 10% durant les fêtes de l’Aid El Adha. « Mais pour cette année, la hausse ne serait pas aussi importante », a-t-il prévu, en estimant que « de nombreuses familles « renonceraient » au sacrifice de mouton compte tenu des circonstances sanitaires actuelles.

La situation est « gérable » pour les structures de traitements des déchets hospitaliers

A propos de la hausse des déchets hospitaliers depuis le début de la pandémie de Covid 19, M. Ouamane confirme effectivement un accroissement de 30 % au cours des quatre premiers mois de l’année en cours.

« Cette recrudescence concerne essentiellement les déchets médicaux « potentiellement contaminés » tels les gants, les bavettes, les pansements, les seringues, les coupants et tranchant », a-t-il expliqué en précisant que les autres types de déchets (anatomiques et toxiques) ne sont pas vraiment touchés par cette hausse.

« Il y a eu certainement encore un nouveau accroissement de déchets hospitaliers durant ces trois derniers mois, notamment en juin et juillet avec l’augmentation importante des cas contaminés par le Coronavirus au cours de cette période », a-t-il encore supposé, affirmant néanmoins que l’AND ne peut pas se prononcer sur son taux réel tant que l’opération de collecte des données qu’elle a entreprise auprès des structures hospitalières n’a pas été finalisée.

En dépit de cette hausse des déchets générés par les activités de soin à cause de la propagation du Covid 19, la situation reste gérable pour les structures de gestion et de traitement de ces déchets, assure pour sa part la directrice technique de l’AND, Fatma-Zohra Barça.

A cet égard, elle a mis en avant les capacités des 13 unités privées, spécialisées dans le traitement des déchets dangereux, évaluées à 45.000 tonnes par an en plus des 164 incinérateurs répartis entre les différents hôpitaux et CHU du pays.

« Ces structures couvrent largement les déchets hospitaliers même en cette conjoncture de crise sanitaire », a-t-elle souligné.

Globalement, la production d’activité de soins à risque infectieux et assimilés (DASRI) dépasse les 30.000 tonnes par an, a-t-elle fait savoir.

Ce volume regroupe trois catégories: les déchets anatomiques issus des blocs opératoires qui sont généralement enterrés après désinfection, les déchets infectieux susceptibles d’affecter la santé humaine (appelés déchets d’activités de soins à haut risque infectieux) et les déchets toxiques constitués par les résidus et produits périmés des produits pharmaceutiques, chimiques et de laboratoire, ainsi que les déchets contenant de fortes concentrations en métaux lourds tels les radios, les acides, les huiles usagées et les solvants, a-t-elle détaillé.

« Vue leur dangerosité, leur gestion obéit à une réglementation très pointilleuse et spécifique ainsi qu’un le personnel qualifié et formé en conséquence », souligne Mme Barça.

A ce propos, elle a fait constater un engouement des opérateurs privés pour ce créneau, en confirmant l’existence d’une soixantaine d’opérateurs privés chargés de la collecte, du stockage, du transport et de l’évacuation de ces déchets vers les centres de traitement adaptés.

« Cela a permis de soulager les structures hospitalières tout en limitant l’impact environnemental de ces déchets sur le personnel médical et l’environnement « , a-t-elle conclu.

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