Tuesday, January 2021

Crise économique, planche à billet….  le FMI critique sévèrement les solutions de l’Algérie

Afin  de faire face à la crise économique, l’Algérie aurait opté pour des solutions, souvent à la va vite et irréfléchies si l’on se fie au constat établi dans ce cadre par la mission du Fonds monétaire international (FMI) qui séjourne actuellement en Algérie. Selon les responsables du FMI, « ces mesures peuvent aggraver les déséquilibres, accentuer les tensions inflationnistes et accélérer la perte de réserves de changes».

En effet, le chef de mission pour l’Algérie et chef de la division Maghreb du département Moyen-Orient et Asie centrale du Fonds monétaire international (FMI), Jean-François Dauphin qui animait hier lundi, un point de presse avec son équipe à Alger, a sévèrement critiqué le choix du financement non conventionnel de l’Algérie indiquant encore une fois que  «la planche à billet c’est une source d’inflation». Il a même appelé à « ne pas l’utiliser».  « Si les autorités (algériennes) optent pour ce mode de financent, elles doivent  limiter la quantité et la durée  d’émission de la monnaie dans l’économie », a-t-il ajouté. « La Banque d’Algérie doit mettre en place des moyens d’absorbation d’une partie de cette masse monétaire», a insisté Jean-François Dauphin.

 D’autre part, la mission du FMI a noté que si « elle partage l’objectif  des autorités algériennes qui cherchent à stabiliser l’économie et promouvoir d’une croissance plus durable et plus inclusive »,  elle a considéré cependant, que « le nouveau dosage de politique économique à court terme est risqué et pourrait entraver la réalisation de ces objectifs ».  « Les nouvelles mesures risquent d’aggraver les déséquilibres, accentuer les tensions inflationnistes et accélérer la perte de réserves de changes. En conséquence, il se peut que l’environnement économique ne devienne propice ni aux réformes, ni au développement du secteur privé » a averti  la mission du FMI. Aussi, le FMI recommande à l’Algérie « une masse de reformes structurelles est nécessaire pour promouvoir l’émergence d’une économie et  ce par la diversification, l’encouragement du secteur privé et la réduction la dépendance au pétrole et au gaz. « Il convient d’agir sans tarder sur plusieurs fronts pour réduire la bureaucratie, améliorer l’accès aux crédits, renforcer la gouvernance, la transparence et la concurrence, ouvrir davantage l‘économie à l’investissement étranger, améliorer le fonctionnement du marché du travail et l‘adéquation entre les emplois et les compétences et favoriser l’emploi des femmes », a précisé la mission du FMI.

Emprunts extérieurs pour « financer des projets d’investissements »

La mission du FMI a également « conseillé » à l’Algérie de recourir à un large éventail d’instruments de financement, notamment « l’émission de titres de dette publique au taux du marché, des partenariats publics-privés, des ventes d’actifs, et idéalement d’emprunts extérieurs pour financer des projets d’investissements bien choisis. Ainsi, a-t-on précisé, la consolidation devrait être menée, d’une part en augmentant les recettes non pétrolières à travers l’élargissement de l’assiette fiscale (réduction des exonérations et renforcement du recouvrement) et, d’autre part, en réduisant graduellement le poids des dépenses courantes dans le PlB et en réduisant les investissements tout en améliorant leur efficacité. « Toutefois,  une dépréciation progressive du taux de change combinée à des efforts visant à éliminer le marché parallèle des changes favoriserait aussi l’ajustement», a estimé la mission.

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