Sunday, January 2021

Les investissements dans les énergies renouvelables demeurent marginaux en Algérie 

 Plusieurs experts ont recommandé, dimanche à Alger, le renforcement de l’action du gouvernement dans le développement des énergies renouvelables (EnRs) en vue d’assurer le mix et la sécurité énergétiques dans le pays, en relevant que les investissements y afférents demeurent « marginaux ».

Ces experts ont ainsi exprimé leurs points de vue lors d’une session portant sur la sécurité énergétique et les énergies renouvelables, dans le cadre du premier Congrès international sur les énergies renouvelables, la sécurité énergétique et la sécurité alimentaire organisé du 1er au 3 avril.

Dans ce cadre, le professeur et ex-directeur général des collectivités locales, Azzedine Belkacem, a souligné que la transition énergétique suppose qu’une priorité forte soit donnée à la valorisation des ressources locales, d’autant que jusqu’ici, une gestion centralisée de l’énergie a prévalu en Algérie, accusant un retard par rapport à d’autres pays de niveau comparable.

Selon lui, il demeure ainsi à savoir comment rendre, dans une logique de décentralisation progressive voire expérimentale, les collectivités locales politiquement responsables de l’équilibre énergétique de leur territoire.

Quant à l’experte senior agréée par l’Union européenne (UE), Mme Aicha Adamou, elle a constaté que les investissements dans les EnRs demeurent « marginaux » en Algérie comparés aux potentialités du pays et à l’objectif fixé dans le Programme national de développement des énergies  renouvelables, et à ce qui se fait dans le monde.

A titre d’exemple, elle a signalé qu’en 2017, plus de 387 milliards de dollars ont été investis à travers le monde, soit 7.000 térawatt-heure (tWh) de capacité installée générant environ 10 millions d’emplois.

Pourtant, a-t-elle signalé, le coût des investissements photovoltaïques en Afrique a baissé d’environ 62% depuis 2012, avec une tendance à la baisse d’environ de 59% pour les décennies à venir.

« En Algérie, les investissements dans les EnRs restent très marginaux comparé à l’objectif fixé dans le programme national de développement des énergies renouvelables », a-t-elle ajouté.

Selon elle, aujourd’hui, le taux d’intégration du renouvelable dans le bilan national n’excède pas les 2%.

Pour le chercheur au Centre de recherche en technologie des semi-conducteurs (CRTSE), M. Messaoud Boumaour, l’énergie constitue un enjeu crucial au c£ur des économies avec une forte dimension géopolitique.

« L’Algérie, dotée pourtant de potentiels remarquables avec un gisement solaire parmi les plus élevés au monde, des réserves incommensurables de minerai de silice et d’autres matériaux, et d’un vivier de compétences pluridisciplinaires, est confrontée au dilemme de son développement économique dans un contexte critique de tarissement de ses revenus en hydrocarbures », a-t-il observé.

Selon cet expert, l’Algérie devrait s’efforcer de cerner en urgence une vision stratégique et une feuille de route avec des échéances et centrée sur un secteur névralgique telle l’agriculture, et en se lançant résolument dans une phase d’action.

 Le potentiel solaire de l’Algérie représente 10 fois la consommation mondiale en électricité

 Par ailleurs, le consultant international en énergie, M. Tewfik Hasni, a indiqué que le mix énergétique doit être garant de la sécurité algérienne que ce soit au plan d’approvisionnement qu’au plan indépendance énergétique.

Et d’ajouter que le potentiel solaire thermique de l’Algérie représente 10 fois la consommation mondiale en énergie électrique .

Selon lui, l’exportation de cette électricité pourrait ramener au pays des dizaines de milliards de dollars.

Pour sa part, le directeur général du Centre de développement des EnRs (CDER), M. Nourredine Yassaa, a expliqué que les EnRs se placent au coeur des politiques énergétiques et économiques menées par l’Algérie.

Selon lui, leur déploiement assurera inéluctablement l’indépendance énergétique du pays et générera dans son sillage, une dynamique de développement économique à travers l’implantation d’industries créatrices de richesse et d’emplois.

Quant à l’expert international en économie, Abderrahmane Mabtoul, il a préconisé des axes au profit du redressement national portant, notamment, sur la paix sociale, une nette volonté politique d’aller vers une économie de marché à finalité sociale, une régulation stricte de l’Etat pour éviter des transferts de rente au profit d’une minorité et la stabilisation du cadre macro-économique et financier.

Ce professeur a suggéré que l’Algérie soit « attentive » aux prix mondiaux du gaz, qui représente plus de 33% des recettes de Sonatrach et dont les contrats à moyen et long termes expirent entre 2018 et 2019.

D’où l’urgence, selon lui, d’attirer des investissements potentiels nationaux et étrangers à travers l’amendement de la loi des hydrocarbures de 2013 et, d’autre part, miser sur les énergies renouvelables.

En outre, il relevé l’importance d’une nouvelle politique de l’emploi renvoyant à une nouvelle politique de formation.

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