Wednesday, October 2020

L’alliance Opep-non Opep doit se poursuivre pour maintenir la stabilité du marché

L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et ses alliés non-Opep doivent « absolument » poursuivre leur coopération afin de maintenir la stabilité du marché pétrolier qui devrait souffrir d’un retour plus lent que prévu, des prix à leur niveau de 2019, a préconisé le ministre de l’énergie, Abdelmadjid Attar.

« L’accord Opep+ mis en œuvre le 1er mai 2020, et son respect globalement, notamment par les plus gros producteurs que sont l’Arabie saoudite et la Russie, a permis aux prix de remonter autour de 40 dollars le baril pour le moment. Cette alliance est encore nécessaire et doit absolument se poursuivre si on veut éviter de rentrer dans une période d’absence totale de vision sur le court terme surtout », a indiqué M. Attar dans une interview accordée au quotidien francophone « Liberté », publiée dimanche.

Selon lui, sans cette alliance Opep-non-Opep, « nous aurions eu affaire à un marché très instable et probablement en dessous du niveau actuel ».

La poursuite de cette alliance trouve toute son importance dans le contexte d’incertitudes autour de la crise sanitaire et la reprise de la demande, qui caractérisent le marché actuellement.

« Pour le moment, il est vrai que le monde entier ne suit en premier qu’une éventuelle fin de pandémie, suivie d’une reprise de la demande mondiale. Mais ce n’est pas suffisant à mon avis, car d’autres paramètres qui découlent aussi du rythme et du mode de cette reprise vont certainement empêcher les prix de revenir rapidement au niveau connu en 2019 et probablement pas ou jamais à celui de 2013 », explique-t-il.

Ainsi, dans des conditions aussi incertaines, les prix du brut devrait atteindre une moyenne de 40 dollars le baril en 2020 et 50 à 60 dollars en 2021, selon le ministre qui se réfère sur ce sujet aux études des « plus grands » analystes.

Interrogé sur la capacité de l’Algérie à préserver ses équilibres financiers avec ce niveau de prix, M. Attar a souligné que le pays « peut et doit » survivre avec un baril à 60 dollars ou moins.

« A mon avis, il ne faut plus se poser ce genre de question à l’avenir, et agir d’abord pour décider de ce que nous devons faire progressivement à court et moyen termes pour sortir de cette dépendance de la rente pétrolière », explique le ministre, tout en rappelant l’objectif fixé par le président de la République et qui vise la réduction de 20% de cette dépendance à court terme.

Evoquant la nécessité de relancer la production déclinante d’hydrocarbures en Algérie, M. Attar a reconnu que « les plus grands gisements ont été malmenés depuis deux décennies par un soutirage accéléré, mais hélas non accompagné de mesures de conservation et de rénovation des techniques d’exploitation ».

Cette situation est due essentiellement au « retard dans la rénovation des techniques d’exploitation et à l’absence d’initiatives en matière d’amélioration des taux de récupération, d’une part, et de développement avec mise en production rapide des nouveaux gisements découverts même s’ils sont de petite taille, d’autre part ».

Il s’agit de manque d’initiatives en matière de suivi de l’état des puits en production et d’insuffisance du renouvellement des réserves: « Ce sont deux chantiers importants que nous sommes décidés plus que jamais à faire avancer dans les meilleurs délais », insiste-t-il.

Dans ce cadre, le ministre a mis en exergue l’importance de promulguer les 43 décrets d’application de la nouvelle loi sur les hydrocarbures, pour permettre le lancement d’une large campagne de promotion du partenariat aussi bien en amont qu’en aval.

Pour ce faire, le ministère a mobilisé pas moins de 70 cadres de haut niveau, organisés au sein de 7 groupes de travail et un comité de pilotage, et qui ont pu préparer jusqu’à maintenant 25 décrets exécutifs alors que le reste devrait être finalisé avant la fin de l’année 2020, rappelle le ministre.

Concernant les instructions du président de la République relatives à la réduction des dépenses de Sonatrach, M. Attar a rassuré qu’elles n’auront pas d’impact sur les capacités d’investissement et d’exploration pétrolière et gazière de la compagnie.

Il s’agit, a-t-il expliquer, « de supprimer les dépenses et les charges inutiles, (….) de réduire les coûts d’exploitation, (…) de privilégier l’intégration nationale, surtout en matière de sous-traitance dans tous les domaines, pour réduire les importations ».

Le ministre a préconisé, dans le même ordre d’idées, « de différer légèrement et à court terme les investissements qui n’ont aucun impact immédiat sur les capacités de production ou de valorisation, de privilégier le partenariat en matière d’exploration et de grands projets structurants pour alléger le poids en matière d’investissement sur Sonatrach et de réorganiser et centrer les activités de Sonatrach sur ses métiers de base, avec des règles d’éthiques universelles ».

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