Sunday, February 2019

Le prix du baril de Brent atteindra 75 dollars en moyenne en 2019, selon la Coface

La Compagnie française d’assurance pour le commerce extérieur (Coface) prévoit dans son évaluation de l’économie mondiale que le prix du baril du Brent atteindra 75 dollars en moyenne en 2019, soit un niveau « similaire » à celui de 2018.

Dans son « Guide Risques Pays & Sectoriels 2019 », présenté mardi à Paris lors de son 23ème forum, la Coface reconnaît cependant que l’exercice de prévision est « d’autant plus difficile » au moment où la volatilité des cours a nettement augmenté depuis le début du 4ème trimestre 2018.

Pour elle, le niveau d’un prix à 75 dollars est « suffisant » pour éviter à de nombreux pays exportateurs de pétrole de « devoir couper dans leurs dépenses publiques afin de compenser de moindres recettes liées aux matières premières », relevant que l’accord de l’Opep sur la réduction de la production pour contenir les prix a été respecté par la Russie et l’Arabie saoudite.

« Les prix mensuels du Brent à fin octobre 2018 avaient augmenté de 28 % par rapport à fin décembre 2017, avant de chuter en fin d’année. Avant que les perspectives de demande mondiale se détériorent, les préoccupations géopolitiques au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, conjuguées à la hausse de la consommation, avaient provoqué une flambée des prix », a expliqué la compagnie d’assurance.

Elle constate également que la production du brut et d’autres liquides au troisième trimestre a augmenté de 24 % en glissement annuel, notant que la hausse des prix a incité les producteurs américains à produire plus pour capter des liquidités.

Par ailleurs, la Coface a estimé que l’environnement mondial de l’économie, dans lequel l’industrie « marque le pas », a des effets « contrastés » sur les économies émergentes.

« Le ralentissement de la croissance en zone euro (+1,6 % prévu en 2019) et aux Etats-Unis (+2,3 %) exposent les marchés émergents à des effets de contagion, en premier lieu à travers les flux commerciaux », a-t-elle expliqué, avertissant que, dans ce contexte, la croissance du commerce mondial devrait continuer de ralentir cette année (+2.3% seulement attendu cette année).

La croissance des économies émergentes était, en décembre, au plus bas depuis avril 2016, d’après l’indicateur avancé de l’Institut de Finance Internationale, rappelle-t-on.

Elle a relevé aussi que la modération de la croissance aux Etats-Unis a un « effet positif ». « En réduisant les anticipations de hausses de taux d’intérêt de la Réserve fédérale américaine, elle limite les risques de sorties de capitaux des marchés émergents », a-t-elle expliqué, faisant observer que le ralentissement de l’économie chinoise est une source de risque « supplémentaire ».

« Si, jusqu’ici, ce ralentissement traduisait les difficultés des entreprises de secteurs d’activité? liés aux infrastructures et contraints par un endettement élevé? (construction, métaux notamment), la consommation privée a commencé à montrer des signes d’essoufflement, dans un contexte d’endettement des ménages en progression rapide et de maturation de certains marchés », a-t-elle précisé.

Sur un autre plan, elle attire l’attention sur de « nombreux risques politiques » qu’on devra surveiller cette année dans le monde émergent, « en particulier en Afrique, où les populations ont désormais davantage de moyens d’exprimer leurs frustrations (triplement du taux d’accès à internet depuis 2010) dans un contexte de calendrier électoral chargé (Nigeria, Afrique du Sud et Algérie notamment) ».

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