Saturday, September 2020

« On ne peut développer un système financier cadenassé par des interdits »

« On ne peut pas parler d’innovation lorsque nous avons un système, qui par définition, tout est interdit sauf autorisation, alors que dans les pays anglo-saxons tout est autorisé sauf interdiction », a fait savoir l’expert financier Rafik Boussa, sur les ondes de la Radio nationale, appuyant que « la nuance est très importante ».

S’exprimant, mercredi, à l’émission L’Invité de la rédaction de la chaîne 3, le consultant et néanmoins président du cabinet international Grant Thornton Algérie, avertira qu’« avec cette manière de faire, notre système financier, ne sera jamais développé.

M. Boussa n’a pas manqué d’alerter qu’« il faut vite accélérer les reformes bancaires afin que notre système financier puisse s’adapter aux besoins de l’économie algérienne ».

« Malgré les efforts que l’Etat a consentis, souligne-t-il, notre système financier reste à développer pour soutenir la diversification de l’économie et booster la croissance ».

« Ça fait trois ans que je travaille sur un projet de développement des moyens digitaux. Une banque n’a pas le droit d’engager un nouveau produit ou un service de paiement s’il lui manque le certificat électronique et l’autorisation des autorités », a-t-il argumenté.

C’est juste un exemple, dit-il, pour expliquer qu’en termes d’innovation financière il reste encore beaucoup à faire. Certes, il y a des actions qui ont été réalisées au niveau des banques, souligne-t-il, mais il faut aller encore très vite pour rattraper le retard que nous avons eu depuis plusieurs années.

Selon lui, il est important aujourd’hui de revoir cette philosophie pour la liberté des initiatives au niveau des entreprises et l’ensemble de l’écosystème, notamment les banques. « Il faut qu’on arrive à mettre en place un système où dès lors que ce n’est pas interdit c’est autorisé. C’est très important au terme de blocage pour l’économie en général », indique l’invité ajoutant que « le cancer de l’économie c’est la bureaucratie ».

L’intervenant estime donc qu’il faut laisser les banques développer et diversifier les moyens de paiement afin d’éviter, par exemples, les problèmes que l’Algérien a vécu ces dernières semaines avec le manque de liquidité dans les postes. Pour lui, « il y a des solutions technologiques qu’il faut mettre en œuvre ». « Pourquoi détenir de l’espèce lorsque on peut payer par téléphone ? », s’est-il demandé précisant que « cela se fait partout dans le monde alors qu’on Algérie on prend du temp à concrétiser ce genre de transaction ».

Sur un autre registre et en ce qui concerne le report des échéances de paiement des entreprises touchées par la crise sanitaire, l’expert Boussa, indique que la banque ne pourra pas faire des reports « sans pénalités », puisqu’elle a des comptes à rendre aux actionnaires.

Donc pour lui, beaucoup d’entreprises n’auront, malheureusement, pas la chance de report des échéances de paiement. « C’est une conjoncture difficile pour certaines entreprises qui risques de disparaitre », a-t-il conclu.

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