Sunday, December 2019

Quand la destruction de la valeur menace le secteur de la téléphonie mobile en Algérie !

L’explosion de la consommation de la data en Algérie après l’introduction de la 3G et la 4G a accentué la guerre des prix entre les trois opérateurs agréés par l’Etat au point de menacer leur équilibre financier.

Si la guerre des prix est le dominateur commun qui caractérise le secteur des télécommunications en Algérie particulièrement depuis l’avènement de la 3G et la 4G, il n’en reste pas moins qu’il doit bien exister une limite au dessous de laquelle toute vente serait contraire au sacro saint principe de la rentabilité de l’entreprise.

Dumping

L’opérateur historique, Mobilis, propriété à 100% de l’Etat vient de se lancer dans une sorte de dumping de ses ventes au point d’offrir des commissions qui dépassent les 140% du prix du produit proposé sur le marché. En effet, l’offre « WIN » de puce Mobilis est entrain de cartonner sur le marché. Mais à quel prix ? La puce « WIN » de Mobilis est vendue à 200 DA. Elle offre des appels et SMS gratuits vers le même opérateur, 15 Go d’internet et 5 heures d’appels gratuit vers les autres réseaux. L’opérateur ne peut le faire sans vendre à perte. Cette offre est l’exemple parfait d’une guerre des prix sans aucune logique économique.

 Au delà de la destruction de la valeur qui va encore s’aggraver, le secteur de la téléphonie mobile verra ses marges se rétrécir si rien n’est fait pour arrêter cette course effrénée pour vendre plus de SIM et donc gagner plus de clients sans qu’il y ait un garde fou tarifaire consensuel au dessous duquel aucun opérateur ne peut franchir.

Les prix de la data divisés par 10

Depuis le lancement de la 3G / 4G, les prix des data ont été divisés par 10 alors que les prix de la voix ont été réduit considérablement sans parler de la gratuité des appels et SMS entre le même opérateur. C’est dire que les marges des années 2000 ne reviendront jamais et que le meilleur opérateur aujourd’hui c’est celui qui perd le moins vu la masse importante consenties dans le déploiement des nouvelles technologies et le faible retour sur investissement en raison de la baisse des prix.

Si l’on doit ajouter à cela la hausse de l’inflation et l’augmentation des taxes ainsi que la baisse du pouvoir d’achat des consommateurs, les entreprises télécoms n’ont d’autres choix que baisser davantage leurs coûts de production et les charges y afférentes afin de pouvoir rester sur le marché. De plus, livrer une guerre absurde sur les prix ne peut être qu’au dépend de la qualité du réseau et donc de l’offre proposée aux clients.
Devant cette situation complexe et difficile, baisser les prix ou vendre carrément à perte n’est pas de nature à créer un environnement concurrentiel saint. Bien au contraire. Mobilis qui demeure le leader du marché est également régis par des règles commerciales qui ne peuvent ignorer les paramètres d’un marché en plein mutation.

A moins que d’autres considérations autres que commerciales ne rentrent en jeu. Dans ce cas de figure, il est clair que les ventes vont exploser et que le nombre d’abonnés va augmenter. Mais ces abonnés resteront ils fidèles à l’opérateur? Car on le sait, si la qualité du réseau ne suit pas, les abonnés se rendront compte très vite qu’il le sera impossible de consommer les énormes quantités de data offertes. La construction d’un réseau Internet fort et stable exige davantage d’investissement. Algérie Télécom a investit dans la construction de câbles sous-marins pour renforcer les capacités de la bande passante internationale. Mais compte tenu de la qualité du réseau de Mobilis, les abonnés de  ce dernier n’auront pas le privilège d’en profiter.

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