Wednesday, June 2019

Résultats 2018 de Ooredoo Algérie : un recul non assumé et des interrogations sur son avenir  

L’opérateur Qatari de la téléphonie mobile, Oreedoo, tente pour la énième fois de faire l’impasse sur le net recul des résultats financiers et la migration de ses abonnés vers d’autres opérateurs. Un recul qui a tendance à s’installer dans la durée mais qui n’est pas assumé par l’opérateur.

En effet, le communiqué de Ooredoo (Algérie) rendant compte des résultats financiers de la filiale algérienne du groupe a sciemment éviter de comparer les chiffres du premier semestre de 2017 avec ceux de la même période de 2018. Et pourtant une simple comparaison fait ressortir des résultats moroses. Les chiffres publiés par l’opérateur qatari ne reflètent pas « les résultats positifs » qu’ils avancent dans le même communiqué.

Migration des abonnés   

Selon les résultats de Ooredoo publiés le 26 juillets dernier, le parc des abonnés ne compte désormais que 13,6 millions de clients à fin juin 2018, un recul visible mais l’opérateur ne l’explique pas. Il s’agit d’une perte de plus de plus de 400 milles abonnés, soit presque un demi-million d’algériens ne font plus confiance aux offres de Ooredoo. Faut-il rappeler que l’ex-Nedjma a clôturé l’année 2017 avec plus de 14 millions d’abonnés. Perdre plus de 400 000 clients en six mois ne peut être que catastrophique pour l’entreprise surtout si la tendance baissière continue. Visiblement, Ooredoo ne séduit plus le consommateur algérien.

Bien qu’il n’a pas pris la peine d’expliquer cette « baisse surprise », il ressort de l’évaluation objective du marché de la téléphonie mobile une désaffection de plus en plus grande des algériens aux affres de la data d’Ooredoo. Pendant que les concurrents de ce dernier réalisent l’essentiel de leur croissance sur les offres data, Ooredoo semble en voie de rater le virage technologique que connait l’Algérie.

Les fausses informations sur la 4G

Fidèle à sa manière de communication peu orthodoxe, la filiale algérienne du groupe qatari omet d’aller dans les détails de son réseau 4G. À ce titre, elle affirme être « le seul opérateur présent dans les 48 wilayas », sans donné le taux de pénétration par wilaya et le nombre de la population couverte pour le réseau 4G. Il est notoirement connu que la présence du réseau 4G ne se mesure pas par le nombre de wilayas couvertes mais par la densité du réseau. A ce propos, Ooredoo est loin d’être le premier opérateur en la matière. Sinon comment expliquer  la migration de ses abonnés vers d’autres opérateurs, si ce n’est la densité du réseau 4G et la rapidité de la connexion de ses concurrents. En 2017, la 4G d’Ooredoo ne couvrait que 25% de la population, un chiffre largement loin des « supposées performances » affichées dans les différentes publicités.

Des revenus en baisse, une filiale en perte de vitesse

Il y a un faussé entre le discours médiatique de Ooredoo et la réalité chiffrée. Sur le plan financier, la filiale algérienne du groupe des télécoms ne fait pas mieux. En effet, les résultats publiés par l’entreprise font ressortir un net recul du chiffre d’affaire qui n’a pas dépassé les 44,2 milliards de dinars durant les six premiers mois de l’année 2018, contre 52,3 milliards de dinars algériens au 1er semestre 2017. Une baisse de plus de huit milliard de dinars ne peut qu’accentuer les contre-performances de Ooredoo Algérie qui s’enfonce de plus en plus dans une zone de turbulence. L’EBITDA (Le résultat avant intérêts, impôts (taxes), dotations aux amortissements et provisions sur immobilisations) est un autre indicateur qui ne trempe pas. Durant le premier semestre 2018, l’EBITDA de l’entreprise a connu un recul de presque de 5 milliards de dinars par rapport à la même période de 2017. Il s’est établi à 17,5 milliards de dinars algériens au 1er semestre 2018 contre 23,4 milliards de dinars algériens au 1er semestre 2017, selon les chiffres publiés par l’entreprise.

Si la direction de communication de la filiale algérienne du groupe Ooredoo ne donne pas de détails sur le poids financier de Ooredoo Algérie dans le groupe, il est désormais en recul continuel depuis un moment. A titre d’exemple, la filiale algérienne représentait 09 % du nombre d’abonnés en 2017, contre 10.4 % en 2016 et 07 % seulement des investissements globaux du groupe en  2017, contre 11.4% en 2016.

Les chiffres de Ooredoo Algérie ne peuvent qu’inquiéter les actionnaires du groupe détenu majoritairement par l’Etat qatari. Reste à savoir que fera Ooredoo pour éviter « une descente aux enfers en Algérie ».

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