Saturday, November 2020

La sécurité alimentaire implique la constitution de stocks stratégiques 

La création graduelle d’un niveau de stocks stratégiques élevé de produits alimentaires palliant à toute éventualité est une nécessité dans toute stratégie de développement agricole de l’Algérie visant la sécurité alimentaire, a indiqué lundi à Alger un expert des question agricoles lors du Congrès international sur les énergies renouvelables, la sécurité énergétique et la sécurité alimentaire organisé du 1er au 3 avril.

La stratégie de développement agricole d’un pays, liée à son niveau de dépendance économique, doit être basée sur le développement des capacités matérielles de production et de développement humain, a encore expliqué cet expert qui était directeur de recherche au niveau de l’institut national de la stratégie globale (INESG), Mohamed Tahar Nafaa.

Il a avancé que cette stratégie doit, notamment, tourner autour de la création graduelle d’un niveau de stocks stratégiques constitués de produits non périssables et les plus consommés, devant satisfaire la population d’un pays durant au moins une (1) année.

Il s’agit d’assurer des stocks de céréales, de légumes secs, de pomme de terre et de produits pouvant être conservés dans les espaces frigorifiques pour une période très longue, a-t-il précisé lors d’une session consacrée à la sécurité alimentaire et à la valorisation énergétique.

L’Algérie, selon lui, ne possède pas actuellement de stocks stratégiques pouvant assurer la sécurité alimentaire dans le pays durant une (1) année, alors que l’ensemble des pays occidentaux en ont.

Il a également prévenu que des pénuries sévères pourraient éventuellement survenir pour les produits stratégiques tels les céréales ou les fourrages, si rien n’est fait pour les éviter.

Selon lui, une possible pénurie d’eau, indispensable à l’élevage et à l’agriculture, combinée à une chute de la rente pétrolière pourraient mener à une « catastrophe », sachant que plus des 40% des produits alimentaires consommés en Algérie proviennent de l’importation et dépendent donc des  revenus pétroliers.

En vue de contrer l’éventualité de pénurie d’eau, l’expert a préconisé de rationner l’eau et d’assurer l’efficience de son utilisation par les agriculteurs.

A cet effet, il a appelé à ce que l’eau à usage agricole soit rémunérée conséquemment à son importance et au souci de sa rationalisation par les agriculteurs.

Par ailleurs, il a appelé à lutter contre le gaspillage en citant le cas des deux millions de baguettes de pain qui sont gaspillées quotidiennement au niveau national.

Par ailleurs, dans son intervention intitulée « savoir potentialiser les ressources alimentaire de l’élevage camelin », le Pr Abdelkader Adamou de l’université de Kasdi Merbah (Ouargla) a appelé à la généralisation de la consommation des produits alimentaires (laits et viandes) issus des camelins.

 Alors que le rendement d’une chamelle allaitante est en moyenne de 2.000 litres de lait pour une période allant de 8 à 18 mois, et que le rendement d’une carcasse de dromadaire dépasse en moyenne les 65% en viande maigre, ce chercheur a estimé que l’élevage camelin est un des atouts à envisager sérieusement pour atteindre la sécurité alimentaire dans le pays.

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