Thursday, April 2019

Daoud Sidhoum à DMA : « Les questions de grogne sociales ne se règlent jamais avec la répression »

En plein contestation sociale des syndicats autonomes, les tentatives de dialogue entre les travailleurs contestataires et la tutelle débouchent sur une impasse.  Daoud Sidhoum, expert en gestion des ressources humaines et des affaires liées au monde du travail, décortique dans cet entretien à DMA cette impasse. Il estime que les conditions préalables fixées de part ou d’autre pour engager un dialogue, rend justement cette négociation impossible.

 DMA : Des mouvements de protestation gagnent différents secteurs  de la fonction publique. Quelle appréciation avez-vous de cette dynamique sociale ?

Daoud Sidhoum: Ces mouvements de protestations sont  un indicateur d’un malaise social. Ainsi, via les débrayages, le front social est en train d’exprimer son rejet à cette politique de l’Etat qui mène vers la détérioration du pouvoir d’achat  et récemment  des mesures d’austérités prises par le gouvernement  dans la loi de finances 2018. D’ailleurs, le pouvoir d’achat a perdu une valeur de plus  de 35% de 2014 à 2017. Et le cumul de certains facteurs provoque l’ire des syndicalistes et citoyens qui se solidarisent avec.

  DMA : Aucune des deux parties tutelle et syndicats autonomes ne s’apprêtent à faire des concessions. À quoi renvoyez-vous cette réticence que chaque partie manifeste à l’égard de l’autre ?

Daoud Sidhoum: On est actuellement dans l’impasse car les revendications sont légitimes et l’exercice de droit de grève est garanti par la Constitution.

Ce qui entrave les négociations est les conditions préalables imposées pour entrer en négociations. Ces mesures empêchent  de trouver une issue aux problèmes posés ou de mener vers un dénouement de situation. Ce que je peux dire est que là où il y a des conditions préalables, on ne trouve pas de solutions,  car les questions de grogne sociales ne se  règlent jamais avec répression ou avec la fermeture des portes de dialogues.

Si l’on prend en exemple le syndicat du Cnapeste, la tutelle a demandé d’arrêter la grève pour qu’ils aillent vers les tractations, tandis que le syndicat a demandé d’annuler les licenciements. Ce qui fait que dans ce cas là, il est impossible de trouver des solutions. Ce syndicat a même sollicité la médiation de l’imam Ali Ayya pour un dénouement de la situation, mais la ministre de l’Education a refusé la proposition de médiation.

DMA: Les syndicats autonomes ne croient  pas au dialogue, les autorités compétentes ont recours aux forces de l’ordre pour disperser les Sit-in de protestation. A votre avis, sur quoi va déboucher ce bras de fer qui oppose les syndicats à leurs tutelles ?

Daoud Sidhoum: Cette approche de menace et de mesures sécuritaires aux quelles font recours les autorités compétentes, à des problèmes sociaux économique n’a jamais donner de fruit escomptés. Nonobstant, nos gouverneurs continuent dans cette démarche qui aggrave et fragilise la situation. Pour ces raisons, j’appelle les deux parties à faire preuve de sagesse, de maturité et de responsabilité dans une conjoncture actuelle que traverse le pays.

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