Thursday, October 2020

La première audience du procès d’Ahed Tamimi se déroule à huis clos

Le procès de l’adolescente Palestinienne, Ahed Tamimi, s’est ouvert ce mardi devant un tribunal militaire par un premier coup de théâtre, avec la décision du juge d’ordonner le huis clos.

Après s’être entretenu avec l’avocate d’Ahed Tamimi et devant la foule de proches, de journalistes et de diplomates qui se pressaient au tribunal d’Ofer, en Cisjordanie occupée, le juge a ordonné que tout le monde quitte les lieux, à l’exception de la famille.

Un débat public n’est pas dans l’intérêt d’une mineure comme Ahed Tamimi, arrivée en blouson de prisonnière, menottes aux poignets et aux chevilles, a dit le juge.

« Ce que je crois, moi, c’est que le tribunal pense qu’il n’est pas bon pour lui que vous soyez tous à l’intérieur », s’est indignée l’avocate Gaby Lasky, à l’extérieur du tribunal devant les journalistes, peu après leur évacuation.

« Ils comprennent que les gens, dehors, s’intéressent à Ahed et à son affaire, ils comprennent qu’on enfreint ses droits et qu’elle ne devrait jamais être jugée, et le huis clos est le meilleur moyen que tout cela se passe loin des regards », a-t-elle ajouté.

Au cours des débats, l’avocat d’Ahed Tamimi a indiqué qu’elle plaiderait que c’est avant tout l’occupation par l’armée israélienne de la Cisjordanie –où se sont produits les faits– qui est illégale.

Ahed Tamimi, 17 ans, est avec sa mère Narimane et sa cousine Nour l’une des protagonistes d’une vidéo tournée le 15 décembre et devenue virale. On y voit Ahed Tamimi et sa cousine bousculer deux soldats, puis leur donner des coups de pieds et de poings devant la maison des Tamimi à Nabi Saleh.

Les soldats avaient pris position là alors que Nabi Saleh était le théâtre de manifestations, dans le contexte des protestations palestiniennes alors quasi quotidiennes contre la décision du président américain Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël.

Les soldats demeurent impassibles face à ce qui semble relever davantage de la provocation de la part des Tamimi que de la volonté de faire mal.

La mère d’Ahed Tamimi intervient, avec l’apparente volonté de s’interposer.

Les trois femmes ont été arrêtées au cours des jours suivants. La justice militaire israélienne a ordonné qu’Ahed Tamimi et sa mère restent détenues jusqu’à leur procès, invoquant « la gravité des faits ».

La justice militaire poursuit Ahed Tamimi sous douze chefs d’inculpation, non seulement pour les agissements du 15 décembre, mais aussi des faits antérieurs présumés, comme des jets de pierres contre les soldats, des menaces ou sa participation à des « émeutes », Nabi Saleh étant le théâtre fréquent de manifestations contre l’occupation.

Les juges ont libéré Nour Tamimi sous caution.

Seule Ahed Tamimi était présente mardi matin, faisant des signes à sa famille. « Sois forte, c’est toi qui vas gagner », lui a lancé son père Bassem à travers la salle.

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