Sunday, January 2020

Ex-espion empoisonné : Londres réplique, expulse 23 diplomates russes et boycotte le mondial russe

En représailles de l’empoisonnement de l’ex-espion russe Sergueï Skripal et de sa fille, que Theresa May attribue à la Russie, la Première ministre a annoncé une série de mesures contre Moscou. La sanction a été immédiate.

Le 4 mars dernier, l’ex-espion russe Sergueï Skripal et sa fille sont retrouvés inconscients sur un banc à Salisbury, en Angleterre. Pour les autorités britanniques, aucun doute possible : ils ont été victimes d’une tentative d’empoisonnement. Ce mercredi 14 mars, la Première ministre du pays a posé un nom sur le coupable : la Russie. «Il n’y a pas d’autre conclusion que celle selon laquelle l’État russe est coupable de la tentative de meurtre» ayant visé l’ancien espion de 66 ans, et sa fille Ioulia, 33 ans, a déclaré la dirigeante devant le parlement britannique. En représailles, Theresa May a annoncé une série de sanctions à l’encontre de Moscou, à commencer par l’expulsion immédiate de 23 diplomates russes considérés au Royaume-Uni comme «des agents du renseignement non déclarés». La Russie disposait jusqu’ici de 59 diplomates accrédités au Royaume-Uni. L’empoisonnement visant Sergueï Skripal «constitue un usage illégal de la force par l’État russe contre le Royaume-Uni», a précisé la Première ministre qui a ajouté qu’il «était juste d’offrir à la Russie l’opportunité de fournir une explication mais sa réaction trahit un mépris total pour la gravité de ces événements. Ils n’ont fourni aucune explication crédible».

Les contacts bilatéraux suspendus

Celle qui a qualifié cette tentative de meurtre d’«acte épouvantable» contre son pays a estimé que la relation entre les deux pays ne «pouvait pas être la même qu’auparavant». Ainsi, «tous les contacts bilatéraux de haut niveau prévus entre le Royaume-Uni et la Russie» seront suspendus. Cette décision inclut «la révocation de l’invitation faite au ministre des Affaires étrangères russe (Sergueï Lavrov, ndlr) de visiter», le Royaume-Uni.  Autre conséquence annoncée par Theresa May : l’absence de représentants britanniques à la Coupe du monde de football organisée en Russie l’été prochain. «Il n’y aura pas de participation des ministres, ou des membres de la famille royale», a-t-elle précisé.  Lors de son allocution, la dirigeante britannique n’a pas manqué d’évoquer son homologue russe, Vladimir Poutine. «Beaucoup d’entre nous ont tourné leurs regards avec espoir vers la Russie post-soviétique. Nous voulions une meilleure relation et il est tragique que le président Poutine ait choisi de suivre cette voie», a-t-elle conclu.  La Première ministre britannique a également annoncé  un boycott de la prochaine Coupe du monde de football en Russie par les membres du gouvernement et de la famille royale britannique. «Je confirme qu’aucun ministre, ou membre de la famille royale, n’assistera à la Coupe du monde de football en Russie cet été», a déclaré la cheffe du gouvernement, qui a dénoncé la culpabilité de Moscou dans l’empoisonnement d’un ex-espion russe et de sa fille sur le sol britannique.

Une réponse «inacceptable» pour les Russes

L’ambassade de Russie à Londres n’a pas tardé à réagir au discours de Theresa May, jugeant la réponse de la Première ministre «inacceptable», «injustifiée» et «hostile» à l’encontre de la Russie.  «Toute la responsabilité de la détérioration des relations entre la Russie et le Royaume-Uni est le fait des dirigeants britanniques actuels», a estimé l’ambassade qui s’est exprimée dans un communiqué.

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