Saturday, November 2020

Coronavirus: La Chine clame la victoire, la Russie se prépare au pire

La Chine a proclamé vendredi sa victoire sur le nouveau coronavirus qui continue de galoper ailleurs dans le monde, comme au Brésil et en Russie où les autorités se préparent à des heures sombres.

La pandémie, qui selon des chiffres sans doute très sous-évalués a officiellement touché plus de 5,1 millions de personnes et fait au moins 332.87 morts, se propage toujours dans certaines régions et reflue dans d’autres. Sans y dissiper les craintes d’une seconde vague.

Deuxième pays le plus affecté en nombre de cas, la Russie, soupçonnée de minimiser à dessein la mortalité liée au Covid-19, a dit s’attendre à une « hausse significative » de celle-ci au mois de mai, tout en se félicitant d’une stabilisation de l’épidémie.

« Nous n’avons jamais caché la situation de la mortalité en Russie », a affirmé la vice-Première ministre Tatiana Golikova.

Le pays ne recense que les décès dont la cause première est le coronavirus, après autopsie, quand d’autres englobent la quasi-totalité des morts de patients testés positifs. Vendredi, il a fait état d’un nouveau record avec 150 victimes en une seule journée.

Alors que les Etats-Unis l’accusent d’avoir tardé à réagir et, dixit Donald Trump, d’être responsable d' »une tuerie de masse mondiale », la Chine, où le virus est apparu fin 2019, est quant à elle parvenue à endiguer l’épidémie sur son territoire.

« Nous avons obtenu une réussite stratégique majeure dans notre réponse au Covid-19 », a clamé le Premier ministre chinois Li Keqiang au premier jour de la session plénière de l’Assemblée nationale populaire (ANP), grand-messe annuelle du pouvoir communiste.

Pour la première fois dans son histoire récente, Pékin a toutefois renoncé à fixer un objectif de croissance pour l’année en cours, faute de pouvoir chiffrer l’impact du coronavirus.

Devant 3.000 députés au visage masqué, M. Li a souligné « la tâche immense » qu’il restait à accomplir face aux conséquences du virus sur l’économie chinoise qui, autre fait inédit, s’est contractée de 6,8% au premier trimestre.

Second tour masqué

L’Europe, où la pandémie a tué plus de 171.000 personnes, progresse pour sa part sur la voie d’une lente normalisation, mais en multipliant les mesures de précaution de crainte d’une résurgence.

Deux semaines après la réouverture des centres commerciaux, cinémas et terrasses de restaurants, les autorités de la République tchèque ont affirmé que la propagation du virus restait sous contrôle.

Au Royaume-Uni, les voyageurs arrivant de l’étranger vont devoir se soumettre à une quarantaine de 14 jours. De rares exceptions sont prévues mais pas pour les personnes venant de France, comme Londres et Paris l’avaient récemment laissé entendre.

Critiqué après avoir maintenu le premier tour des municipales le 15 mars malgré la pandémie, le gouvernement en France a annoncé que le second tour aurait lieu le 28 juin et que les électeurs devront porter un masque.

« Après avoir pesé le pour et le contre, nous pensons que la vie démocratique doit reprendre ses droits », a expliqué le Premier ministre Edouard Philippe, en soulignant qu’une « clause de revoyure » avec le conseil scientifique interviendra d’ici deux semaines.

Le week-end ensoleillé de l’Ascension passé sur la plage ou dans les parcs alimente les craintes d’une nouvelle vague dans le pays.

La Grèce, elle, a prolongé jusqu’au 7 juin le confinement des camps, surpeuplés, de migrants même si très peu de demandeurs d’asile ont été testés positifs à ce jour. Les défenseurs des droits de l’Homme ont appelé Athènes à « ne pas compromettre » leurs droits.

Sur ordre de Donald Trump, les Etats-Unis, pays officiellement le plus lourdement endeuillé par le Covid-19, vont mettre leurs drapeaux en berne de vendredi à dimanche pour y honorer la mémoire des victimes.

Le bilan y frôle à présent les 95.000 morts avec des chiffres quotidiens qui restent élevés: 1.255 morts en 24 heures selon le comptage publié jeudi par l’université Johns Hopkins.

« Film d’horreur »

Selon le décompte établi par l’AFP, l’Afrique a officiellement franchi le cap des 100.000 cas de nouveau coronavirus, un seuil symbolique mais ne reflétant qu’une fraction de la réalité, par manque de capacités de dépistage dans de nombreux pays.

En Amérique latine, l’épidémie poursuit inexorablement sa progression, avec de terribles conséquences prévisibles en termes d’économie et d’emploi.

Selon des données officielles, le nombre de morts a doublé en seulement 11 jours pour franchir les 20.000 jeudi au Brésil, pays déjà le plus touché de la région et où la propagation du virus accélère toujours.

Alors que le président Jair Bolsonaro insiste pour un retour au travail et un redémarrage de l’économie, les fossoyeurs intensifient les cadences dans les cimetières des grandes villes comme Sao Paulo.

Au Pérou voisin, la plupart des hôpitaux de Lima sont au bord de la rupture.

« C’est comme un film d’horreur, l’intérieur de l’hôpital ressemble à un cimetière pour les cadavres, les patients meurent sur les chaises, dans les fauteuils roulants », a raconté à l’AFP Miguel Armas, infirmier à l’hôpital Hipolito Unanue de Lima.

Cette année, la pandémie va créer 11,5 millions de chômeurs de plus dans cette partie du monde et l’économie s’y contracter de 5,3%, la pire récession depuis 1930, selon un rapport officiel publié jeudi.

Au Chili, où les décès ont augmenté de 29% en 24 heures, des habitants ont bravé le confinement ces derniers jours pour manifester et réclamer des aides alimentaires, sur fond d’explosion du chômage et de la faim dans les quartiers les plus pauvres.

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