Wednesday, September 2020

Coronavirus: Tsunami sur l’économie américaine, l’Europe déconfine

Plus de 20 millions d’emplois détruits en avril, un taux de chômage au plus haut depuis les années 1930 : le nouveau coronavirus n’en finit plus de mettre à bas l’économie américaine, au moment où l’Europe enclenche son déconfinement à mesure que la pandémie décroît sur son sol.

« C’était tout à fait attendu et sans surprise », a commenté le président Donald Trump, peu après l’annonce de nouveaux chiffres dramatiques pour l’économie de la première puissance mondiale, mise à l’arrêt brutalement face au Covid-19.

Près de 20,5 millions d’emplois ont été détruits au mois d’avril, du jamais vu en si peu de temps, et le taux de chômage a bondi à 14,7%, au plus haut depuis les années 1930, selon les données du département du Travail publiées vendredi. Le nombre de personnes sans emploi a atteint 23,1 millions.

Défendre « l’ordre de paix »

Décès par dizaines de milliers, près de la moitié de l’humanité cloitrée, une économie planétaire à l’arrêt et sinistrée… la pandémie de Covid-19, apparue en décembre dans le centre de la Chine et encore bien loin d’être maîtrisée, n’en finit pas de bouleverser le quotidien de la planète.

Avec plus de 75.600 morts au total, dont 2.400 au cours des dernières 24 heures, et 1,2 millions de personnes contaminées (selon le comptage de l’université Johns Hopkins), les Etats-Unis sont désormais l’épicentre de la maladie. Dans le monde, près de 270.000 personnes sont décédées.

Après avoir enregistré plus de 3.100 morts quotidiens mi-avril, le pays est aujourd’hui bloqué sur un « plateau » dont il n’arrive pas à redescendre. Et si l’épidémie ralentit à New York, d’autres foyers sont apparus, comme la région de la capitale Washington.

« C’est pire que Pearl Harbor », avait déclaré mercredi le président Trump, pressé néanmoins d’accélérer le déconfinement pour relancer la machine économique.

En Europe, la pandémie a tué plus de 150.000 personnes : Royaume-Uni (30.615), en Italie (29.958), en Espagne (26.299) et en France (25.987), selon un bilan établi vendredi matin par l’AFP à partir des chiffres de sources officielles, très vraisemblablement sous-estimés.

La pandémie a aussi génèré « une avalanche de haine et de xénophobie », a dénoncé vendredi le chef de l’ONU, Antonio Guterres.

C’est dans ce contexte que se déroule le 8-Mai, qui marque depuis 1945 la capitulation de l’Allemagne nazie. Coronavirus oblige, pas de grands défilés, ni de cérémonies publiques cette année, comme c’est le cas pour tous les grands évènements internationaux depuis deux mois.

En Allemagne, qui célébrait pour la deuxième fois l’évènement depuis 1945, le chef de l’Etat, autorité morale, a exhorté la communauté internationale a tirer les leçons de la fin de la Deuxième guerre mondiale en allant vers « plus de coopération » dans la lutte contre le nouveau coronavirus, et « pas moins ».

« Nous ne devons pas accepter que l’ordre de paix » mis en place à partir de 1945 « parte en fumée sous nos yeux », a plaidé Frank-Walter Steinmeier, qui a aussi appelé ses compatriotes à considérer le 8 mai 1945 comme un jour de « gratitude » et non d’amertume pour la défaite.

Aux Etats-Unis, le ministère de la Défense organise un « Jour de la Victoire en Europe » virtuel, diffusée sur son site et les réseaux sociaux.

La reine Elisabeth II s’adressera vendredi soir aux Britanniques, pour la deuxième fois depuis le début de la pandémie.

A Paris, Emmanuel Macron a présidé une cérémonie en format restreint en haut de Champs-Elysées quasiment vides.

Le président français devait initialement se rendre à Moscou. C’est là que l’incidence de l’épidémie sur les festivités sera la plus criante : cette année, pas d’imposante parade militaire au pas de l’oie sur la place Rouge. Seule la partie aérienne des célébrations a été maintenue pour samedi.

La « bombe » de Milan

Ce long week-end du 8-Mai marque véritablement le début du grand déconfinement en Europe, avec les derniers pays encore bouclés qui se lancent à leur tour, chacun à leur manière et de façon progressive, dans la levée des restrictions : la France, le Royaume-Uni, l’Espagne, la Belgique, les Pays-Bas, la République tchèque, la Grèce et l’Ukraine.

Dès ce vendredi en Espagne, Barcelone a rouvert ses plages pour la pratique sportive, même si le pays reste prudent.

L’Italie, qui a payé un lourd tribut à la maladie, se déconfine elle aussi peu à peu. Mais les images des Milanais se promenant le long des canaux ou prenant l’apéritif au soleil font polémique, alors que la capitale de la Lombardie est toujours « un peu une bombe », avertit un virologue de renom.

En France, la liberté de circulation sera rétablie mais assortie de restrictions plus sévères pour des départements « rouges », incluant l’agglomération de Paris, où la circulation du virus est plus active.

Au Royaume-Uni, le Premier ministre Boris Johnson, lui même rescapé de la maladie, a appelé les Britanniques à la patience, à trois jours d’une allocution dans laquelle il doit annoncer un assouplissement « très limité » de certaines restrictions.

L’Allemagne, forte de chiffres d’infection « très satisfaisants », a déjà levé la quasi-totalité des restrictions imposées depuis la mi-mars. Même chose notamment en Autriche, dans les pays scandinaves, ou encore au Danemark, qui va rouvrir musées, théâtres et cinémas le 8 juin.

La compagnie aérienne Lufthansa va augmenter le nombre de ses vols européens à compter de juin, pour desservir « 106 destinations » au total, principalement en Allemagne et en Europe.

A l’inverse, la Russie, longtemps épargnée mais qui connaît une forte hausse du nombre de cas, reste bouclée. La capitale Moscou a prolongé son confinement jusqu’au 31 mai, alors qu’on a enregistré vendredi plus de 10.000 nouvelles infections.

« K-League », phoques et pingouins

De façon surprenante, la Chine a déclaré vendredi soutenir la création « après la fin de l’épidémie » d’une commission sous l’égide de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) afin d’évaluer « la réponse mondiale » au Covid-19.

Cette évaluation, qui ne concernerait pas spécifiquement la Chine mais plutôt l’ensemble des pays du monde, devrait se faire de façon « ouverte, transparente et inclusive » et « au moment opportun », selon Pékin, objet de nombreuses critiques et accusations -en particulier des Etats-Unis-, pour son manque de transparence dans la gestion de la maladie.

Toujours en Asie, la situation se normalise. Bars, cinémas et clubs de gym ont rouvert leurs portes à Hong Kong. En Chine, ce sont les musées, cinémas, théâtres et installations sportives qui sont de nouveau autorisés.

La « K-League », le championnat de football fait son retour en Corée du sud, à huis-clos mais devant les télés. Avec la Bundesliga qui redébarque à huis-clos sur les pelouses à la mi-mai, la question est désormais clairement posée pour le Calcio italien ou la Premier League anglaise qui n’a toujours pas le « feu vert » a rappelé le gouvernement britannique.

Et pendant ce temps, il faut continuer à divertir les masses confinées : dernière initiative en date, au Japon, un aquarium organise des rencontres dans les bassins entre phoques et pingouins, le tout évidemment en direct sur les réseaux sociaux.

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