Thursday, October 2020

Coronavirus : Un vaccin dans un an est possible, selon une agence européenne

Un vaccin contre le coronavirus dans un an c’est possible, selon des experts européens, un scénario qu’ils jugent toutefois optimiste, tandis qu’aux Etats-Unis Donald Trump a de nouveau accusé la Chine de ne pas avoir tout dit.

Au vu des efforts déployés, un vaccin contre le Covid-19 pourrait être disponible dans un an, a estimé jeudi l’Agence européenne du Médicament (EMA). Mais il s’agit d’une perspective « optimiste », a souligné Marco Cavaleri, directeur de la stratégie à l’EMA, dont le siège est à La Haye.

Plus de 100 projets ont été lancés dans le monde et une dizaine d’essais cliniques sont en cours pour tenter de trouver un remède contre la maladie, qui a fait 297.259 morts et contaminé 4.362.090 personnes depuis décembre, selon un nouveau bilan jeudi.

Cependant, selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), « ce virus pourrait devenir endémique dans nos communautés » et « pourrait ne jamais disparaître », y compris en cas de découverte d’un vaccin.

La bataille que se livrent les laboratoires en quête du Graal crée des tensions.

La police fédérale américaine (FBI) a accusé mercredi des pirates informatiques, mais aussi des chercheurs et des étudiants proches de la Chine, de voler des informations d’instituts universitaires et de laboratoires publics.

Pékin a réagi jeudi en accusant les Etats-Unis de diffamation mais s’est de nouveau attiré les foudres du président américain Donald Trump qui l’accuse d’avoir dissimulé l’ampleur de l’épidémie.

« Ils auraient pu l’arrêter »

« Ils auraient pu l’arrêter », a martelé le locataire de la Maison Blanche qui a déclaré qu’il ne voulait « plus parler » avec son homologue chinois Xi Jinping pour le moment et menacé de « couper toute relation ».

Côté chercheurs, le géant pharmaceutique français Sanofi a provoqué l’indignation en Europe en annonçant qu’il distribuerait en priorité aux Etats-Unis un éventuel vaccin, faisant valoir que les autorités américaines avaient investi pour soutenir ses recherches.

Cette avance pourrait être de quelques jours ou quelques semaines, a déclaré son directeur général Paul Hudson.

Le président français Emmanuel Macron a réagi en réclamant qu’un vaccin ne soit pas soumis « aux lois du marché » tandis qu’un porte-parole de la Commission européenne a estimé qu’il « doit être un bien d’utilité publique et son accès doit être équitable et universel ».

Dans l’attente que les recherches aboutissent, les gouvernements ont entrepris la levée plus ou moins progressive des mesures de confinement imposées à leurs populations, qui ont paralysé leurs économies.

Jeudi, le Premier ministre japonais Shinzo Abe a annoncé lever plus tôt que prévu l’état d’urgence dans la plupart des régions du pays face au net reflux du nombre de nouveaux cas de Covid-19. Il le maintient en revanche dans les grandes agglomérations comme Tokyo et Osaka.

En Europe, qui paie un lourd tribu à la maladie avec plus de 161.000 morts, la plupart des pays ont entamé la levée des mesures de restrictions imposées à leurs populations.

Après huit semaines de fermeture, c’était au tour des petits finlandais de reprendre jeudi le chemin de l’école, pour à peine plus de deux semaines avant le début des grandes vacances début juin.

Les Français, qui ont retrouvé une certaine liberté de mouvement lundi, pourront partir en vacances en juillet et août sous réserve de restrictions « très localisées », a annoncé leur gouvernement.

Aux Etats-Unis, pays le plus touché au monde avec 84.136 morts, les plages autour de Los Angeles, en Californie, ont rouvert, sans qu’il soit autorisé d’y poser sa serviette. A l’inverse, la capitale Washington, où la pandémie tarde à reculer, a prolongé le confinement de sa population jusqu’au 8 juin.

Les autorités chiliennes ont elles remis en vigueur le confinement à Santiago, où les cas ont augmenté de 60% en 24 heures.

Dépistage à Wuhan

En Chine, Jilin, dans la province éponyme frontalière de la Corée du Nord, a placé mercredi ses habitants en confinement partiel après de nouveaux cas faisant craindre une deuxième vague épidémique.

A Wuhan, berceau du Covid-19, les habitants faisaient la queue jeudi pour se faire dépister, inquiets après l’apparition de nouveaux cas. « C’est bien. C’est une façon d’être responsable vis-à-vis des autres et de soi-même », a déclaré à l’AFP un homme de 40 ans.

L’Afrique elle est jusqu’à présent relativement épargnée par la pandémie, qui y a officiellement fait moins de 2.500 morts. Mais les indices indiquant que ce bilan est fortement sous-estimé se multiplient.

Ainsi, la hausse importante des décès pour la plupart inexpliqués dans le nord du Nigeria, pays le plus peuplé du continent, fait craindre une forte propagation du coronavirus dans cette région parmi les plus pauvres au monde.

Le pays est en outre fragilisé par sa forte dépendance à la production de pétrole, dont les prix ont fortement pâti de la crise sanitaire mondiale, et menacé par la récession.

Une récession qui a déjà frappé de nombreux pays, dont l’Italie où des millions de « nouveaux pauvres » ont fait leur apparition.

« Je me retrouve moi-même dans la situation de ces gens qui ont besoin d’aide », se désole Maria Loprete, 65 ans, dans la banlieue de Milan, qui avant le coronavirus aidait les sans abri.

Appel du pape et de l’imam d’Al-Azhar

En Inde, le confinement a provoqué un exode de travailleurs migrants, petites mains des grands villes privées du jour au lendemain de leur gagne-pain. Des centaines de milliers de désespérés ont tenté de regagner leur région d’origine par les moyens du bord, quitte à marcher des centaines de kilomètres.

« Nos vies étaient confortables avant le confinement, ma santé était bonne », raconte en marchant Manish Verma, ouvrier du bâtiment, sans revenus depuis un mois, qui a entrepris le voyage éreintant du retour au village. « Désormais, nos vies ont été détruites. Il n’y a rien à manger, rien à boire ».

Le pape François au Vatican et le grand imam Ahmed al-Tayeb au Caire ont lancé jeudi un appel international à la prière pour la fin de la pandémie.

« Nous ne prions pas les uns contre les autres, cette tradition religieuse contre celle-ci, non! Nous sommes tous unis en tant qu’êtres humains », a dit le pape.

Le grand imam d’Al-Azhar, institution majeure de l’islam sunnite, a lui recommandé aux croyants « d’implorer Allah tout-puissant de soustraire tous les humains de ce malheur et d’aider les scientifiques à réussir à trouver un remède ».

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