Wednesday, January 2021

La crise s’envenime entre la Russie et les Occidentaux

Après l’empoisonnement d’un ex-agent double russe sur le sol britannique, Londres, Washington, Paris et Berlin affichent leur unité.

Les chefs d’État et de gouvernement occidentaux vont-ils, comme d’habitude, adresser dimanche soir leurs félicitations pour sa réélection à un Vladimir Poutine qu’ils accusent « de menacer notre sécurité à tous » ? Cela paraîtrait incongru, au vu du communiqué diffusé cet après-midi par Londres, Washington, Paris et Berlin dans la crise déclenchée par l’empoisonnement sur le sol britannique, à Salisbury, début mars, d’un ex-agent double russe par une substance identifiée comme du Novitchok.

L’emploi de cette substance, la plus toxique jamais conçue, « développée par la Russie » dans les années quatre-vingt, « constitue le premier emploi offensif d’un agent neurotoxique en Europe depuis la seconde guerre mondiale » ainsi qu’une « atteinte à la souveraineté britannique », continue le communiqué.

Des mots très forts, sans précédent depuis des années, qui rappellent la solidarité entre membres de l’OTAN. Les quatre pays estiment qu’il « n’y a pas d’autre explication plausible » qu’une attaque délibérée dont l’exécutif russe serait responsable. Ils demandent à Moscou de « faire face à ses responsabilités de membre du conseil de sécurité des Nations unies ».

Dans un entretien accordé au quotidien allemand Frankfurter Allgemeine, le ministre des Affaires étrangères britannique, Boris Johnon, a annoncé que le Royaume-Uni avait l’intention de permettre une «enquête internationale indépendante» quant au fameux agent chimique utilisé contre Sergueï Skripal. Le ministre britannique annonce que son gouvernement entend remettre à l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OAIC) les analyses effectuées par la police britannique. La veille, Vassili Nebenzia, représentant russe à l’ONU, avait justement souligné que le Royaume-Uni avait fait le choix de porter l’affaire Skripal devant l’ONU et non devant La Haye, c’est à dire devant l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC). Un choix qui, selon lui, révélait la crainte que nourrirait Londres de devoir se confronter à une «enquête professionnelle». La Russie s’était d’ailleurs dite prête à collaborer avec le Royaume-Uni dans le cadre d’une «enquête conjointe».

Le Kremlin, qui accuse en retour le Royaume-Uni d’accusations « délirantes » pour « détourner l’attention de ses problèmes » liés notamment au Brexit, a annoncé qu’il riposterait « évidemment » dans quelques jours aux  mesures prises par Londres, qui va notamment expulser 23 diplomates russes et imposer des sanctions financières individuelles. Vladimir Poutine a présidé jeudi un conseil national de sécurité consacré à cette question.

Input your search keywords and press Enter.