Saturday, October 2020

Donald Trump et son épouse ont contracté le coronavirus

Donald Trump a annoncé tôt vendredi matin avoir été testé positif au nouveau coronavirus, ainsi que son épouse Melania, un développement majeur qui intervient à un peu plus de trente jours de l’élection présidentielle.

“Ce soir, @FLOTUS (la première dame des Etats-Unis) et moi-même avons été testés positifs pour le Covid-19. Nous allons entamer notre quarantaine et notre protocole de rétablissement immédiatement. Nous allons nous en sortir ENSEMBLE !”, a déclaré le président américain sur son compte Twitter.

“Comme trop d’Américains l’ont fait cette année, @potus (le président des Etats-Unis) et moi-même sommes en quarantaine à domicile après avoir été testés positifs au coronavirus. Nous nous portons bien et j’ai reporté tous mes engagements à venir”, a tweeté de son côté Melania Trump.

Donald Trump, qui brigue un second mandat lors de l’élection présidentielle du 3 novembre, avait dit jeudi s’être placé à l’isolement après qu’une de ses conseillères, Hope Hicks, a été testée positive au nouveau coronavirus.

Hope Hicks voyage régulièrement avec le président américain à bord de l’avion présidentiel Air Force One. Elle l’a accompagné dans l’Ohio mardi pour le débat présidentiel puis dans le Minnesota mercredi pour participer à un événement de campagne.

LA CAMPAGNE ÉLECTORALE BOULEVERSÉE

Agé de 74 ans, considéré comme étant en surpoids, le président républicain, même si son état de santé général est bon depuis son arrivée à la Maison blanche, est classé dans les catégories à risque face au coronavirus.

Son test positif bouleverse naturellement la campagne présidentielle alors que le président sortant, qui a minimisé la gravité de l’épidémie dans ses premiers mois, est en retard sur Joe Biden dans les intentions de vote au niveau national.

Trump devait se rendre ce vendredi en Floride, un des Etats clefs où se jouera le scrutin du 3 novembre. Son déplacement ne figure plus sur le nouvel agenda présidentiel diffusé par la Maison blanche.

Joe Biden est attendu lui dans le Michigan, autre Etat à même de faire basculer le scrutin.

“LE PRÉSIDENT ET LA PREMIÈRE DAME VONT ACTUELLEMENT BIEN”

Sur le plan des institutions, il n’est pas question pour l’heure d’incapacité temporaire du président. Dans un communiqué, son médecin, le Dr Sean Conley, a dit s’attendre à ce qu’il continue d’exercer ses fonctions “sans interruption”.

“Le président et la Première dame vont actuellement bien et ils se préparent à rester chez eux au sein de la Maison blanche durant leur convalescence”, écrit-il dans un communiqué de presse.

Dans l’éventualité où son état de santé se dégraderait, Donald Trump pourrait remettre temporairement ses prérogatives à son vice-président, Mike Pence, en application du 25e amendement de la Constitution. Ces dispositions ont déjà été appliquées: en 1985 quand Ronald Reagan a subi une intervention chirurgicale puis en 2002 et 2007, quand George W. Bush a transféré très brièvement ses pouvoirs à Dick Cheney le temps de subir deux coloscopies.

ENQUÊTE ÉPIDÉMIOLOGIQUE À LA MAISON BLANCHE

Donald Trump, qui est régulièrement testé pour le dépistage du coronavirus, a continué de voyager à travers les Etats-Unis ces dernières semaines, prenant part à des rassemblements comptant des milliers de participants à l’approche des élections du 3 novembre.

Souvent, il s’est abstenu de porter un masque de protection.

Compte tenu de ses contacts multiples, les services de la Maison blanche sont engagées dans un processus de traçage des cas contacts.

Actuellement en déplacement dans les Balkans, le secrétaire d’Etat Mike Pompeo, qui a indiqué qu’il avait été testé négatif ainsi que son épouse, a déclaré qu’il réétudiait par mesure de précaution l’opportunité de se rendre comme prévu en Asie.

Pompeo n’a pas vu Trump depuis le 15 septembre.

La contamination du président éclaire aussi d’un jour nouveau le débat qui agite le pays depuis des mois autour de la réponse fédérale à l’épidémie de SARS-CoV-2, que Trump est accusé d’avoir minimisée et qui a fait plus de 200.000 morts sur le seul territoire des Etats-Unis.

La crise sanitaire a été l’un des principaux thèmes abordés lors du débat télévisé chaotique qui a opposé Donald Trump à son rival démocrate Joe Biden mardi à Cleveland, dans l’Ohio.

L’ex-vice-président de Barack Obama a mis en doute le leadership de Donald Trump dans cette crise, déclarant qu’il avait paniqué et échoué à protéger les Américains parce qu’il était davantage préoccupé par l’économie. Donald Trump s’en est offusqué et a assuré que son administration et lui avaient fait “un travail génial”.

LES MARCHÉS FINANCIERS DANS LE ROUGE

L’annonce du test positif de Donald Trump a soulevé une vague d’inquiétudes sur les marchés financiers. Les Bourses européennes ont ouvert en nette baisse tandis que les contrats à terme sur les indices américains reculaient. Les actifs jugés les plus sûrs comme le dollar, le yen et la dette souveraine étaient recherchés.

“Trump était déjà en retard sur Biden et il a clairement échoué à réduire l’écart après le premier débat. Je présume que les marchés vont pencher vers l’avis d’une probable victoire de Biden”, relève Naoya Oshikubo, économiste chez Sumitomo Mitsui Trust Asset Management. “Ce qui m’inquiète, ajoute-t-il, c’est que Trump, maintenant qu’il a attrapé le virus, devienne encore plus agressif envers la Chine (ndlr, où il est apparu avant de se propager au reste de la planète).”

TRUMP “PAIE LE PRIX DE SON PARI”

En Chine, Hu Jixin, l’influent rédacteur du chef du Global Times, a estimé que “le président Trump et la Première dame paient le prix du pari du président de minimiser le Covid-19”. “Cette nouvelle montre la gravité de la situation pandémique aux Etats-Unis. Elle aura un impact négatif sur l’image de Trump, sur l’image des Etats-Unis et pourrait aussi avoir un effet négatif sur sa réélection”.

Donald Trump n’est pas le premier dirigeant à contracter le coronavirus.

Fin mars, le Premier ministre britannique Boris Johnson a été diagnostiqué porteur du virus et hospitalisé dix jours plus tard à l’hôpital St. Thomas de Londres avant d’être transféré en soins intensifs où il a, de son propre aveu, frôlé la mort. Son gouvernement s’était même préparé à l’éventualité de son décès. Il a adressé sur Twitter des voeux de prompt rétablissement au couple Trump.

Infecté en juillet, le président brésilien Jair Bolsonaro s’en est sorti et a comparé le COVID-19 à une “petite grippe”.

 

Input your search keywords and press Enter.