Le Front Polisario célèbre à partir de jeudi l’anniversaire de sa création 

Le 45e anniversaire de la création du Front Polisario sera célébré à partir de jeudi prochain à Aousserd (camps des réfugiés sahraouis) en présence de plusieurs délégations dont des invités étrangers, dans un nouveau contexte marqué par des efforts pour la reprise des négociations entre le Front et le Maroc en vue d’un règlement politique au conflit du Sahara occidental.

Le Front populaire de libération de la Seguia el Hamra et du Rio de Oro, représentant unique et légitime du peuple sahraoui, marque le 10 mai de chaque année, cette date historique, à travers l’organisation de manifestations et activités commémoratives dans les camps des réfugiés ainsi que dans les territoires libérés.

Cette année, c’est le camp d’Aousserd qui a été choisi pour abriter durant trois jours les festivités officielles de cet anniversaire en présence de nombreuses personnalités sahraouies aux côtés de délégations conduites par de responsables représentant des pays, des organisations et des  associations.

Au programme, les organisateurs ont prévu des activités politiques, culturelles, des expositions, des parades militaires et civiles illustrant la richesse culturelle du peuple sahraoui, à même de revisiter ses coutumes ainsi que ses traditions ancestrales dans toute leur richesse et variétés.

Le coup d’envoi de cette manifestation sera donnée par le président de la République arabe sahraouie et démocratique (RASD) et secrétaire général du Front Polisario, Ibrahim Ghali, qui prononcera un discours devant les présents à cette occasion, à laquelle sont également conviées représentants de partis politiques, des parlementaires, des diplomates venant de différents pays ainsi que des journalistes.

La date du 10 mai 1973 sera célébrée aussi, comme le soulignent les autorités locales, dans tous les camps de réfugiés, ainsi qu’à travers les représentations de la RASD à l’étranger.

Le Front Polisario, mouvement de lutte pour l’indépendance du Sahara occidental occupé par le Maroc, mais crée sous colonisation espagnole des territoire sahraouis, est reconnu par l’ONU comme l’unique et légitime représentant du peuple sahraoui.

Il avait mené la guerre de l »indépendance contre les forces d’occupation marocaine jusqu’à à la signature d’un accord de cessez-le-feu en 1991 sous l’égide de l’ONU suivi par la mise en place de la Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO).

Et depuis, des négociations avaient été entamées par le Polisario et le Maroc pour la mise en oeuvre du processus de l’organisation d’un référendum d’autodétermination du peuple sahraoui, mais ces pourparlers sont aujourd’hui au point mort en raison des blocages et de faux-fuyants dressés à chaque fois par la partie marocaine visant à retarder le processus du règlement du conflit sahraoui.

Des victoires diplomatiques et juridiques

 Devant cette situation devenue une question de préoccupation pour la communauté internationale et insupportable pour le peuple sahraoui, déterminé plus que jamais à arracher son indépendance, le Conseil de sécurité des Nations Unies a adopté, le 27 avril dernier, une nouvelle résolution (2414) portant sur le renouvellement du mandat de la MINURSO pour une durée limitée, cette fois-ci, à six mois au lieu d’une année et appelant « les deux parties au conflit, le Front Polisario et le Maroc, à  reprendre les négociations directes sans pré-conditions et de bonne foi ».

La résolution du Conseil de sécurité de l’Onu, tout en réaffirmant le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination, avait exigé des deux parties à « reprendre dans les meilleurs délais, leurs négociations directes » et exprimé son appui à M. Horst Kohler, Envoyé personnel du secrétaire général de l’Onu pour le Sahara occidental, dans sa mission d’amener les deux parties au conflit à la table des négociations.

De nombreux membres du Conseil de sécurité ont interprété et compris le renouvellement du mandat de la mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental pour un mandat de six mois comme un « moyen de pression » sur les deux parties, en particulier sur le Maroc, « pour engager, sans délais, les dites négociations ».

Une reprise du processus de règlement politique pour lequel le Front Polisario a, à chaque fois, réitéré sa volonté de contribuer pleinement pour sa réussite sans conditions préalables.

L’adoption de cette résolution avait été saluée par la partie sahraouie en ce sens qu’elle avait soulignée « la nécessité d’accélérer le processus politique » pour le règlement du conflit au Sahara Occidental.

La commémoration du 45eme anniversaire de la création du Front Polisario intervient donc à un moment crucial pour la cause sahraouie, qui connaît intérêt particulier pour sa prise en charge dans le cadre des résolutions de la légalité internationale, appuyant le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination.

D’autres victoires avait été également arrachés ces derniers mois par le peuple sahraoui, que ce soit au niveau européen qu’africain, mettant ainsi en échec toutes les tentatives marocaines visant à torpiller les efforts diplomatiques et les actions de solidarité et de soutien à la juste cause sahraouie.

Dans ce sillage, la Cour européenne de justice (CJUE) avait invalidé le 27 février 2018 un accord de pêche signé entre le Maroc et l’Union européenne qui avait inclus les eaux territoriales du Sahara occidental, sans consulter le peuple sahraoui, jugeant que l’accord en question enfreindrait  plusieurs règles de droit international, notamment le principe de l’autodétermination consacré par les textes fondateurs de l’ONU ».

Pour sa part, l’Union africaine (UA) s’est montrée inflexible dans sa position à l’égard de la cause sahraouie, surtout que la RASD demeure l’un des membre fondateur de l’organisation panafricaine.

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