Tuesday, October 2020

Pillage des ressources sahraouies: la communauté internationale appelée à sanctionner le Maroc

Le représentant du Front Polisario en Australie et en Nouvelle-Zélande, Kamal Fadel, a souligné le devoir de la communauté internationale d’appliquer des sanctions économiques contre le Maroc et ne pas s’impliquer dans le pillage des ressources naturelles sahraouies.

Dans un entretien accordé à des sites d’information locaux, Kamal Fadel a mis en exergue « les succès de la partie sahraouie devant les tribunaux internationaux », tout en demandant à « la communauté internationale d’appliquer des sanctions économiques contre le Maroc et d’éviter de participer au vol de ressources sahraouies ». « La pression économique est une mesure efficace contre l’occupation marocaine du territoire », a-t-il insisté.

Abordant les succès réalisés par le Front Polisario, le responsable sahraoui a indiqué qu' »en l’Australie, nous avons réussi à faire suspendre trois importations de phosphate extrait du Sahara occidental occupé, suite à une campagne qui dure depuis des années et qui consistait en des rencontres avec les dirigeants de ces entreprises (Impact, Incitec Pivot, CSBP Wes), ainsi que l’envoi de lettres et la révélation de ces pratiques illégales aux médias ».

A cela s’ajoute, souligne M. Fadel, « la présence permanente de ceux qui sont solidaires de notre cause dans les assemblées de ces entreprises ». En outre, « des contacts soutenus ont été maintenus avec les responsables du gouvernement australien, ce qui a conduit le ministère australien des Affaires étrangères à publier une note sur son site officiel, indiquant que le territoire du Sahara occidental est un territoire non autonome. Par conséquent, il a recommandé aux entreprises qui souhaitent exercer des activités sur le territoire de demander un avis juridique avant de le faire ».

« Quant à la Nouvelle-Zélande, la bataille pour les ressources naturelles se poursuit contre les entreprises impliquées: Ravensdown, Nutrients et Ballance Agri, pour leur importation illégale de phosphate sahraoui en signant des accords avec l’occupant marocain », a rappelé le diplomate sahraoui.

Il a révélé que des « progrès positifs » ont été réalisés ces dernières années. « Nos efforts ont attiré l’attention des médias qui ont contribué à sensibiliser la population à la cause nationale en général et à l’illégalité de l’exploitation des ressources naturelles sahraouies », a-t-il dit, expliquant que « la pression continue des amis de la cause est un élément très important en termes de prestige de ces sociétés, ainsi que du gouvernement de la Nouvelle-Zélande ».

En outre, il a souligné que le gouvernement néo-zélandais a demandé aux entreprises de rechercher une alternative au phosphate sahraoui. « Il est important de se rappeler que la position officielle du gouvernement néo-zélandais envers la cause sahraouie est positive et conforme au droit international. L’actuelle présidente a visité les camps sahraouis et a exprimé sa solidarité avec la cause sahraouie à plusieurs reprises avant qu’elle ne soit chef de l’Etat », a ajouté le diplomate.

Le Maroc dépense des milliards pour impliquer des entreprises étrangères dans son occupation

Concernant la campagne marocaine en Australie et en Nouvelle-Zélande pour impliquer les entreprises et les hommes d’affaires dans le pillage illégale des ressources sahraouies, Kamal Fadel, a indiqué que le régime marocain n’épargne aucun effort pour impliquer les entreprises internationales dans le pillage illégale des ressources sahraouies, pour obtenir des capitaux financiers, mais aussi pour donner une légitimité à leur occupation.

« La première mission de l’ambassade du Maroc est d’amener des investisseurs et des touristes au Sahara occidental occupé, pour démontrer à la société internationale que la situation sur le territoire est normale », a-t-il indiqué.

« Tout cela a échoué face aux campagnes médiatiques que nous avons organisées et au succès impressionnant des autorités sahraouies devant les tribunaux internationaux, notamment l’arrêt de la Cour sud-africaine en 2017, qui a intercepté un envoi destiné à la Nouvelle-Zélande », a-t-il rappelé, soutenant que « cette décision historique a provoqué la panique chez les entreprises étrangères, dont la plupart ont réagi en arrêtant leurs importations de phosphate sahraoui ». De même, il a paralysé la route maritime sud-africaine et le canal de Panama et de nombreuses sociétés de transport, de logistique et d’assurance ont suspendu leur participation aux contrats.

« Nous devons intensifier nos efforts pour faire pression sur le régime marocain dans le secteur économique qui est important et décisif ». C’est l’un des moyens les plus efficaces durant la période de cessez le feu, a-t-il estimé.

Il a affirmé que cela peut obliger le Maroc à s’asseoir à la table des négociations afin d’évacuer les territoires occupés. « Il est donc important d’imposer, a-t-il préconisé, des sanctions économiques au Maroc pour sa violation du droit international et le non-respect des conventions internationales, violations des droits humains, voler les ressources sahraouies, un pays occupé par la force ».

« De plus, la présence du Maroc au Sahara occidental est une occupation illégale. L’ONU ne reconnaît pas le Maroc comme puissance administrante du territoire », a-t-il dit, dénonçant que « les Sahraouis dans les zones occupées souffrent de discrimination, de pauvreté et de violation de leurs droits ».

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