Saturday, June 2019

Rapatriement des « djihadistes » de Daech: Les Français s’inquiètent

L’inquiétude monte en France sur le rapatriement dans les jours prochains des « djihadistes » français qui « combattaient » aux ordres de l’organisation terroriste autoproclamée « Etat islamique » (EI/Daech), actuellement en liquidation dans la région syrienne.

Il s’agit du retour d’environ 150 personnes, dont 76 adultes et 74 enfants, détenus dans des camps en Syrie sous la surveillance des Kurdes, qui seront rapatriés et cela a été rendu possible après la décision de retrait des Etats-Unis de la Syrie. A en croire des chiffres non-officiels, les « djihadistes » français de Daech étaient au nombre de 3.000.

Déjà, on craint en France, avec ce retour, une quelconque évasion ou dispersion de ces « djihadistes » dans un pays qui a connu, depuis 2012, 27 attentats terroristes ayant fait 10.000 victimes. Un véritable danger s’installe ainsi sur la sécurité du pays et des Français.

Dans son point de presse de vendredi dernier, la porte-parole du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, Agnès von der Mühll, a précisé les autorités examinent « toutes les options pour éviter l’évasion et la dispersion de ces personnes potentiellement dangereuses ».

La France, qui ne voulait pas de ses « djihadistes » considérant que ceux qui ont commis des crimes doivent être jugés là où ils les ont commis, comme le cas de beaucoup de Français qui ont été jugés et condamnés en Irak, a changé de position depuis la décision de retrait des Américains de la région.

Selon le quotidien Le Monde, le rapatriement de ces terroristes, qui est de plus en plus envisagé, se ferait dans le cadre d’une « opération internationale coordonnée », appuyée par les Etats-Unis. Il s’agirait, selon le journal, « d’organiser une sorte de pont aérien permettant l’évacuation des djihadistes étrangers de Syrie ».

Au plan opérationnel, plusieurs scénarios ont été évoqués au sujet de l’opération de rapatriement. Alors qu’aucune date n’a été fixé pour le moment, on parle d’un éventuel rapatriement par les forces spéciales américaines. Les terroristes seront transportés par des avions américains qui devraient atterrir sur la base aérienne de Villacoublay (Yvelines, près de Paris) où les autorités sécuritaires françaises les attendraient.

On prévoit également l’éventualité d’un retour à bord de vols charters français escortés par les forces françaises. Mais des sources gouvernementales citées par les médias ont indiqué que « rien n’est acté à ce stade ».

Cependant, ce qui semble sûr c’est que les « djihadistes » français, à leur descente d’avion, faisant l’objet d’un mandat d’arrêt international, seront présentés à un juge d’instruction pour une mise en examen. Les autres seront placés en garde à vue à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI).

Les adultes jugés et incarcérés, les enfants placés dans des foyers d’accueil

Les enfants seront remis aux services sociaux pour les mettre dans des foyers d’accueil. Le ministère de l’Intérieur, Christophe Castaner, a indiqué à ce propos que chaque « djihadiste » qui revient d’Irak ou de Syrie, « fera l’objet d’une interpellation, sera présenté à la justice et sera sanctionné ».

Au sein de la classe politique, les avis sont mitigés quant à ce retour. Des députés sont catégoriques en déclarant que ces terroristes « ne doivent plus remettre les pieds en France ».

C’est le cas du député de La Loire des Républicains (LR), Dino Cinieri, qui a estimé qu’il est « inadmissible » pour le président Emmanuel Macron de les laisser revenir en France. « Quand bien même ils seraient incarcérés dans des prisons dites « de haute sécurité », la sûreté de notre pays en serait menacée », a-t-il dit.

D’autres députés de la majorité présidentielle sont favorables à leur retour, mais souhaitent un « contrôle total » après leur incarcération.

Le député Jean-Michel Mis (LREM) pense qu’il faudra s’assurer que ces « djihadistes » incarcérés soient encadrés de « manière exemplaire » pour « éviter qu’ils propagent leur idéologie de haine parmi leurs codétenus ».

Mais certains observateurs restent inquiets d’une quelconque « défaillance » au niveau de la prise en charge de ces terroristes avant leur retour en France. Ils pensent que « perdre leur trace ferait courir un grand risque à la France et à l’Europe ».

« Ce serait leur permettre de s’évaporer » dans la nature, avertissent-ils.

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