Wednesday, January 2021

Violation des droits de l’Homme au Sahara occidental, la situation «dépasse le seuil du tolérable»

La  situation actuelle des violations des droits de l’Hommes au Sahara occidental « dépasse le seuil du tolérable », s’est alarmé ce jeudi le ministre délégué, représentant du Front Polisario pour l’Europe, Mohamed Sidati qui a interpellé la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini sur les atteintes « graves» aux droits de l’Homme de l’autre côté du mur séparant le Sahara occidental.

«Nous voudrions vous écrire au sujet de la grave situation des droits de l’homme qui prévaut actuellement au Sahara occidental occupé par le Maroc, situation qui dépasse le seuil du tolérable», a-t-il écrit dans une lettre à la haute représentante de l’UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité. Mohamed Sidati a affirmé, dans sa lettre, que le territoire du Sahara occidental est «verrouillé» devant les observateurs indépendants, les journalistes et les visiteurs désireux de s’enquérir de visu des réalités pénibles vécues par les Sahraouis. «Des dizaines voire des centaines d’Européens ont été expulsés manu militari, dont des parlementaires et des avocats, sans que l’UE ait réagi», a-t-il regretté. Le ministre sahraoui a exprimé, dans sa lettre, «l’espoir que l’UE agisse avec diligence auprès des autorités de Rabat» pour qu’elles «mettent un terme à leur dérive répressive contre des populations civiles sahraouies sans défense», le Maroc étant lié à l’UE par un accord d’association qui lui fait obligation de respecter les droits de l’Homme. Il a affirmé, à ce titre, que les droits à la liberté de mouvement, de manifestation, d’association, «sont bannis dans les territoires occupés du Sahara occidental», soutenant même que «la situation des droits de l’homme y a empiré depuis la fin du second procès de Gdeim Izik» dont le verdict a été prononcé le 19 juillet 2017.

Grève de la faim de plusieurs prisonniers politiques sahraouis

Mohamed Sidati a rappelé, dans sa lettre adressée à la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini que 19 des prisonniers politiques sahraouis du groupe dit de «Gdeim Izik» détenus depuis 7 ans ont été condamnés à l’issue du procès à des peines très lourdes, allant de 20 ans à perpétuité, alors qu’«aucune preuve de leur culpabilité n’a été fournie» si ce n’est des «aveux extorqués sous la torture». Plusieurs de ces derniers ont même entamé une grève de la faim dans les prisons marocaines pour dénoncer leurs conditions d’incarcération et revendiquer et défendre le droit à l’autodétermination  a appris l’APS de source proche des Sahraouis à Paris. Le militant sahraoui Naâma Asfari a entamé une grève de la faim illimitée, rappelle-t-on, le 27 février dernier en déclarant solennellement « mieux vaut mourir pour la dignité que de vivre sans elle ». Il a été rejoint, le 9 mars, par huit autres prisonniers du groupe de Gdeim Izik, malgré leur dispersion par les autorités d’occupation marocaines dans plusieurs prisons et leur mise à l’isolement. Les Sahraouis, grévistes de la faim, veulent faire entendre leur appel, au droit à l’autodétermination de leur peuple qui en est privé depuis plus de 40 ans et réclamer l’application du droit international humanitaire qui exige de la puissance occupante, le Maroc, de les transférer dans une prison du territoire du Sahara occidental. L’association française des amis de la République arabe sahraouie démocratique (AARASD) a estimé, dans un communiqué, que cette grève de la faim a été décidée alors que « tous sont déjà à l’isolement, sont l’objet de menaces, sont privés des visites de leurs proches » en s’interrogeant : « Sont-ils à ce point menaçants pour le Makhzen qu’un simple emprisonnement n’est pas suffisant ? »

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