Tuesday, January 2021

Nanotechnologie: deux algériens à l’origine d’une innovation anti-cancer

 Un nouvel agent anti cancer développé grâce à la nanotechnologie par deux chercheurs algériens en collaboration avec un autre chinois a été présenté mercredi à Oran.

Il s’agit du nouvel agent anti cancer « Imdendrim », spécialisé dans le traitement des tumeurs solides résistantes au traitement conventionnel, développé par les professeurs Hafid Belhadj Tahar et Sadeg Nourreddine, tous deux Algériens établis en France et le Pr chinois, Guanghua Yang.

Cette nouvelle innovation contre le cancer a été présentée par ses développeurs, lors d’une journée d’étude consacrée à « l’Innovation cancer, la technologie Nanogun » et « les cancers radio-induits », organisée au siège du Centre de recherche en anthropologie sociale et culturelle (CRASC) par l’Agence thématique de recherche en sciences de la santé (ATRSS) en collaboration avec l’Université « Abou Bekr Belkaid » de Tlemcen sous l’égide de la Direction générale de la recherche scientifique et du développement technologique et du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique.

« C’est la première fois que cet agent anti cancer, breveté en 2015, est présenté en Algérie. Nous voulons faire profiter notre pays de cette technologie et permettre aux Algériens de se soigner chez eux sans se déplacer à l’étranger », a déclaré le professeur en pharmacologie et chimie, Hafid Belhadj Tahar.

« Imdendrim » est un nano-dispositif médical constitué d’un nano-système de délivrance chargé de sondes vectorisant des rayons de rhénium. Une fois injecté à la tumeur, le rhénium est diffusé pour traquer les cellules cancéreuses, a-t-il expliqué.

Après plusieurs essais avec succès sur les animaux, une première expérience a été pratiquée en novembre dernier au CHU de Zhejiang à Shanghai (Chine) sur un Chinois de 50 ans souffrant d’un cancer du colon en stade final avec plusieurs métastases au foie et aux poumons. Une injection unique au niveau d’une tumeur de foie lui a été administrée et il a présenté des signes « très impressionnants » de guérison après trois semaines seulement du traitement, a-t-il fait savoir.

Ce traitement se fait en une seule séance par l’injection de jusqu’à 20 doses de rhénium, a indiqué, pour sa part, Pr Noureddine Sadeg, soulignant que par rapport au traitement conventionnel, son coût est « très acceptable ». Quinze autres patients souffrant de métastases au dernier stade vont se faire administrer ce traitement prochainement en Roumanie, a-t-il fait savoir.

Pour le cas de l’Algérie, M. Sadeg a émis le souhait de voir toutes les conditions réunies pour commencer à appliquer cette nanotechnologie, nonobstant la formation du personnel soignant.

Le partenaire chinois, Guanghua Yang, a considéré que « c’est une réelle révolution dans le monde de la nanotechnologie et de la médecine en général », exprimant une intention de se tourner vers les tumeurs légères, voire le cancer du sein par exemple.

Pour sa part, le directeur de l’ATRSS, Nabil Aouffen, a rappelé que la promotion de la santé du citoyen représente l’une des priorités de l’Etat, déclarant que « le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, a fait de la lutte anti-cancer une priorité, mis en place un plan anti-cancer 2015-1019 et instauré une loi de la recherche  intersectorielle ».

« La DGRSDT et l’ATRSS ont aussi priorisé des domaines de recherche. Grâce à nos trois confrères, nous allons établir une feuille de route avec un échéancier qui sera validé incessamment au niveau de la tutelle et mettre tous les moyens pour concrétiser assez rapidement un centre de recherche et de développement au niveau du pôle de santé à Tlemcen », a-t-il ajouté.

De son côté, le représentant de la DGRSDT, Sahraoui a fait savoir que les trois chercheurs vont céder gratuitement leur licence à l’université de Tlemcen pour mettre en place une plateforme technologique dédiée à la technologie « Nano gun ». Une convention a été signée, en marge de cette journée d’études, entre la DGRSDT, l’université de Tlemcen et les trois chercheurs pour la création de cette plateforme.

La journée a été marquée par des interventions abordant les cancers radio-induits, entre autres, « les radiations ionisantes et risques cancérigènes » et « Les essais nucléaires français dans le Sud algérien ».

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