Tuesday, September 2020

« Nous ne pouvons plus tenir dans un système de santé où tout le monde se plaint »

L’amélioration de la qualité des soins passe, au préalable, par l’établissement d’un système de prévention et de dépistages fiables des maladies, mais également par une éducation des citoyens, des aspects qui auraient du être encadrés par la Loi sanitaire instituée en 2018 mais qui, depuis, n’a jamais été appliquée.

Pour le professeur Rachid BELHADJ, le président du Syndicat national des enseignants et chercheurs universitaires, il devient urgent de se pencher sur tous ces problèmes, d’autant, dit-il, que de nouvelles pathologies ont fait leur apparition ou se sont développées, depuis, à l’exemple du cancer, des maladies cardiovasculaires et autres toxicomanies.

Accueilli, lundi, à l’émission L’Invité de la rédaction de la chaîne 3 de la Radio Algérienne, celui-ci considère que pour devoir faire face à cette situation épidémiologique « très importante », les décideurs politiques se doivent de tenir leur promesses à se pencher « sérieusement », sur le secteur de la santé, et à faire appel à toutes les compétences. « Nous sommes, s’insurge-t-il, abandonnés et lassés par les promesses ».

Pour illustrer la difficile situation dans laquelle continue de végéter, depuis de trop longues années, le système de santé en Algérie, le professeur BELHADJ rappelle que celui-ci continue, à ce jour, à fonctionner avec les structures de soins obsolètes, laissées par la colonisation.

Pointant du doigt la qualité de soins offerte dans certains établissements hospitaliers, il déclare comprendre que des nationaux préfèrent aller se faire soigner à l’étranger, notamment en Tunisie, où déclare-t-il, ils se font traiter par des médecins « que nous avons formés durant les années 70 ».

Abordant le statut des médecins pratiquant dans le secteur publics et celui des paramédicaux, ce chef de service de médecine légale à l’hôpital de Mustapha juge légitime de revaloriser conséquemment leurs rémunération, si on ne veut pas, dit-il, les voir aller offrir leurs services sous d’autres cieux.

Occupant, d’autre part, les fonctions de directeur médical et paramédical, l’intervenant aborde, par ailleurs le « drame créé, faute de reconnaissance et de respect » envers ces nombreux médecins spécialistes qui, dépités, empruntent le chemin de l’exil pour aller offrir leurs services dans des hôpitaux à l’étranger.

Il signale, à ce propos, que des médecins généralistes et des internes, sont contactés avant la fin de leur formation, pour se préparer à aller passer leurs concours en France, « pour être recrutés dans des hôpitaux du Golfe ou bien en Allemagne ou au Canada »

« Nous ne pouvons pas tenir, résume-t-il, avec un système de soins où tout le monde se plaint » et dont la dépendance, ajoute-t-il, est totale en matière d’équipements et de consommables, en particulier.

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