Saturday, September 2021

Prisonniers sahraouis-Covid19: une avocate appelle le Maroc à libérer les détenus

L’avocat de la défense des prisonniers sahraouis du groupe « Gdeim Izik », Olfa Ouled, a tiré la sonnette d’alarme sur l’état de santé des prisonniers sahraouis, détenus dans les prisons marocaines, notamment en cette période de pandémie de coronavirus, a rapporté mardi l’Agence sahraouie (SPS)

Olfa Ouled, avocate française à la Cour (Paris 6e arrondissement), représente 18 des prisonniers politiques sahraouis du Groupe Gdeim Izik. « La pandémie actuelle fait craindre une aggravation de la situation de tous les prisonniers politiques sahraouis et, en particulier, des prisonniers que je représente. Ils ont tous des problèmes de santé en raison des tortures qu’ils ont subies et n’ont pas accès à des médecins, ce qui les expose à un risque accru par rapport au Covid 19 », a souligné Olfa Ouled, dans un entretien accordé aux médias sahraouis.

Le cas du Groupe Gdeim Izik, selon plusieurs organisations internationales, « est un exemple des multiples violations de la loi par les autorités marocaines dans les territoires occupés du Sahara occidental, où la détention arbitraire est la norme et non l’exception, lorsqu’elle est déjà appliquée à la population sahraouie et les militants des droits de l’Homme ».

L’avocate a rappelé que la Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’Homme, Michelle Bachelet, a appelé « les gouvernements à libérer toute personne détenue sans base légale suffisante, y compris les prisonniers politiques et détenue simplement pour avoir exprimé des opinions critiques ou dissidentes. Une fois libérées, ces personnes devraient subir un examen médical et des mesures devraient être prises pour s’assurer qu’elles reçoivent les soins et le suivi nécessaires, y compris un suivi médical ».

Cette demande a également été transmise par l’Observatoire pénitentiaire marocain, qui a demandé à l’administration pénitentiaire de libérer les prisonniers d’opinion et les militants jugés pacifiques.

Un « manque flagrant d’infrastructures et de personnel médical peut en fait entraîner la propagation généralisée du COVID-19 dans les prisons marocaines. Les conditions dans les prisons marocaines où sont détenus mes clients manquent des mesures d’hygiène les plus élémentaires », a-t-elle alerté.

Le Maroc poursuit les pratiques violentes et la torture

En outre, l’avcoate a indiqué qu’elle été empêchée à plusieurs reprises de rendre visite à ses clients et, dans la situation actuelle, les familles ne peuvent pas non plus leur rendre visite. « Même avant la pandémie, les visites étaient irrégulières, brèves et parfois gênées par les administrations pénitentiaires », a-t-elle dénoncé.

Le gouvernement marocain a même cessé de recevoir des plaintes de l’étranger. Par conséquent, il est impossible de savoir clairement l’état de santé des prisonniers et, en ce qui concerne l’épidémie de Covid-19, nous sommes obligés de faire confiance aux informations officielles.

« L’affaire n’est pas close et j’ai continué à représenter mes clients, même si les autorités marocaines m’empêchent de les voir », a-t-elle fait savoir.

Elle a indiqué qu’elle « contacte régulièrement les autorités marocaines à différents niveaux, concernant les violations commises contre mes clients dans les différentes prisons où ils sont détenus, en relation, entre autres, avec leur état de santé, négligence médicale, isolement et droit à continuer les études ».

« Le dernier rapport de torture et de mauvais traitements a été envoyé au procureur d’Inzegane et reçu le 25 février, mais jusqu’à présent je n’ai reçu aucune réponse », a-t-elle souligné, expliquant que « le Comité contre la torture (Nations Unies) surveille également les représailles contre les détenus après les communications de mes clients à ce Comité ».

Pour sa part, le Département d’Etat américain a noté, dans son rapport annuel (2019) sur la situation des droits de l’Homme dans le monde que selon le rapport du Secrétaire général de l’ONU d’avril 2019, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’Homme (HCDH) a continué à recevoir des communications d’avocats, de membres de famille des Sahraouis arrêtés lors du démantèlement du camp de Gdeim Izik en 2010, ajoutant que plusieurs ont été soumis à la torture, à une mise à l’isolement prolongée et à d’autres mauvais traitements.

« Le rapport d’octobre du Secrétaire général de l’ONU sur le Sahara occidental a noté que le HCDH avait reçu des informations faisant état de violations des droits de l’Homme perpétrées contre des Sahraouis, y compris des détentions arbitraires », a souligné le Département américain.

En outre, le rapport du Département d’Etat américain a appelé à l’ouverture d’une enquête pour condamner les personnes impliquées dans des violations des droits de l’Homme dans les zones occupées du Sahara occidental, soulignant que l’absence d’enquêtes et de poursuites contre les personnes impliquées dans ces violations a contribué à l’expansion de l’impunité.

Par ailleurs, dans son rapport annuel de 2019 sur les droits de l’Homme présenté au mois de janvier dernier, l’ONG américaine de défense des droits de l’Homme, Human Rights Watch, a enregistré « la détention continue de 23 Sahraouis par le Maroc après avoir été condamnés à la suite de procès inéquitables en 2013 et 2017 sur la base d’aveux forcés, sans enquête sur leur torture physique dans les postes de police et de la gendarmerie, après les affrontements qui avaient éclaté suite au démantèlement violent et sanglant par les autorités marocaines du camp de la dignité, Gdeim Izik, près d’El-Ayoun occupée, en 2010 ».

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